En une ligne
doncest le chemin le plus simple ; pour l'intensité suivie d'un résultat (« si fort que… »), le français a trois structures, qui se terminent toutes parque.
Les formes de cette page
| Forme | Sens | Prononciation |
|---|---|---|
donc | introduit le résultat — et le c se prononce | /dɔ̃k/ |
alors | introduit le résultat — plus oral que donc | /a.lɔʁ/ |
si … que | une intensité qui entraîne un résultat — deux pièces, un adjectif au milieu | /si … kə/ |
Le tableau
| Mot | Registre | Exemple |
|---|---|---|
donc /dɔ̃k/ | neutre | Il pleut, donc je reste. /il plø dɔ̃k ʒə ʁɛst/ |
alors /a.lɔʁ/ | oral | Il pleut, alors je reste. /il plø a.lɔʁ ʒə ʁɛst/ |
du coup /dy ku/ | très familier | Il pleut, du coup je reste. /il plø dy ku ʒə ʁɛst/ |
par conséquent /paʁ kɔ̃.se.kɑ̃/ | soutenu | Par conséquent, je reste. /paʁ kɔ̃.se.kɑ̃ ʒə ʁɛst/ |
c'est pourquoi /sɛ puʁ.kwa/ | soutenu | C'est pourquoi je reste. /sɛ puʁ.kwa ʒə ʁɛst/ |
ainsi /ɛ̃.si/ | soutenu | Ainsi, tout est clair. /ɛ̃.si tu.t‿ɛ klɛʁ/ |
si bien que /si bjɛ̃ kə/ | écrit | Il pleut, si bien que je reste. /il plø si bjɛ̃ kə ʒə ʁɛst/ |
de sorte que /də sɔʁt kə/ | écrit | …, de sorte que je reste. |
voilà pourquoi /vwa.la puʁ.kwa/ | oral | Voilà pourquoi je reste. /vwa.la puʁ.kwa ʒə ʁɛst/ |
doncest le plus neutre et va partout ;par conséquentappartient à l'écrit soutenu ;du coupest l'équivalent familier dedoncà l'oral.
« Si … que » — trois structures
Elles ont toutes le même sens ; la différence tient à ce qui suit :
| Structure | Ce qui suit | Exemple |
|---|---|---|
si … que /si … kə/ | un adjectif ou un adverbe | Il est si fatigué qu'il dort. /i.l‿ɛ si fa.ti.ɡe kil dɔʁ/ |
tellement … que /tɛl.mɑ̃ kə/ | un adjectif ou un adverbe | Il est tellement fatigué qu'il dort. /il ɛ tɛl.mɑ̃ fa.ti.ɡe kil dɔʁ/ |
tellement de … que /tɛl.mɑ̃ də kə/ | un nom | Il a tellement de travail qu'il reste. /il a tɛl.mɑ̃ də tʁa.vaj kil ʁɛst/ |
tant de … que /tɑ̃ də kə/ | un nom | Il a tant de travail qu'il reste. /il a tɑ̃ də tʁa.vaj kil ʁɛst/ |
tellement que /tɛl.mɑ̃ kə/ | un verbe | Il travaille tellement qu'il est épuisé. /il tʁa.vaj tɛl.mɑ̃ kil ɛ.t‿e.pɥi.ze/ |
tant que /tɑ̃ kə/ | un verbe | Il travaille tant qu'il est épuisé. /il tʁa.vaj tɑ̃ kil ɛ.t‿e.pɥi.ze/ |
un tel … que /œ̃ tɛl kə/ | un nom accompagné d'un adjectif | Il a une telle énergie qu'il ne dort pas. /il a yn tɛl e.nɛʁ.ʒi kil nə dɔʁ pa/ |
Le choix en résumé :
adjectif ou adverbe →
sioutellementnom →tellement deoutant deverbe →tellementoutant
La logique derrière le tableau :
siporte sur une qualité (un adjectif),tant desur une quantité (un nom). Et lededevant le nom est le même que dansbeaucoup de: il introduit une quantité.
donc — et sa place
donc est le seul mot de cette liste qui peut se placer au milieu de la phrase :
| Prononciation | ||
|---|---|---|
Il pleut, donc je reste. | au début de la seconde proposition | /il plø dɔ̃k ʒə ʁɛst/ |
Je reste donc à la maison. | après le verbe, sans virgule | /ʒə ʁɛst dɔ̃k a la mɛ.zɔ̃/ |
Donc, tu viens ? | en tête de phrase, familier | /dɔ̃k ty vjɛ̃/ |
Après le verbe,
doncest plus discret et plus élégant — c'est la position préférée à l'écrit.
alors — et son deuxième sens
| Sens | Prononciation | |
|---|---|---|
Il pleut, alors je reste. | le résultat | /il plø a.lɔʁ ʒə ʁɛst/ |
Alors, tu viens ? | on relance la conversation | /a.lɔʁ ty vjɛ̃/ |
Alors que je travaillais… | « pendant que » — le temps ou l'opposition | /a.lɔʁ kə ʒə tʁa.va.jɛ/ |
alors queveut dire tout autre chose et n'exprime pas le résultat : soit la simultanéité, soit l'opposition.
de sorte que — deux sens, deux modes
Celui-ci cache un piège :
| Mode | Sens | Exemple | Prononciation |
|---|---|---|---|
| indicatif | le résultat — c'est arrivé | Il a parlé fort, de sorte que tout le monde a entendu. | /il a paʁ.le fɔʁ də sɔʁt kə tul.mɔ̃d a ɑ̃.tɑ̃.dy/ |
| subjonctif | le but — pour que cela arrive | Parle fort, de sorte que tout le monde entende. | /paʁl fɔʁ də sɔʁt kə tul.mɔ̃d ɑ̃.tɑ̃d/ |
Même chose pour de façon que et de manière que. Le subjonctif est détaillé dans subjonctif-declencheurs.
C'est le mode qui fait la différence : l'indicatif dit ce qui s'est réellement passé ; le subjonctif dit ce qu'on veut obtenir.
d'où et de là — le résultat en raccourci
À l'écrit soutenu, pour désigner un résultat sans proposition complète :
Le train est annulé, d'où le retard.— le retard vient de làDe là son inquiétude.— c'est la cause de son inquiétude
Après
d'où, on met un nom, pas une phrase — et ces deux tournures appartiennent au registre soutenu.
Exemples
| Français | Prononciation | Sens |
|---|---|---|
Il pleut, donc je reste. | /il plø dɔ̃k ʒə ʁɛst/ | la pluie est la cause |
Alors, à demain. | /a.lɔʁ a də.mɛ̃/ | on conclut la conversation |
Par conséquent, j'ai décidé. | /paʁ kɔ̃.se.kɑ̃ ʒe de.si.de/ | une conséquence, en registre soutenu |
C'est pourquoi je ne suis pas venu. | /sɛ puʁ.kwa ʒə nə sɥi pa və.ny/ | voilà la raison de mon absence |
Il est si fatigué qu'il dort. | /i.l‿ɛ si fa.ti.ɡe kil dɔʁ/ | la fatigue entraîne le sommeil |
Il a tellement de travail qu'il ne vient pas. | /i.l‿a tɛl.mɑ̃ də tʁa.vaj kil nə vjɛ̃ pa/ | trop de travail, donc absent |
Il travaille tant qu'il est malade. | /il tʁa.vaj tɑ̃ ki.l‿ɛ ma.lad/ | l'excès de travail le rend malade |
Il était tard, si bien que je suis parti. | /i.l‿e.tɛ taʁ si bjɛ̃ kə ʒə sɥi paʁ.ti/ | l'heure a provoqué le départ |
Le train est annulé, d'où le retard. | /lə tʁɛ̃ ɛ.t‿a.ny.le du lə ʁə.taʁ/ | l'annulation explique le retard |
Parle fort, de sorte qu'on entende. | /paʁl fɔʁ də sɔʁt kɔ̃.n‿ɑ̃.tɑ̃d/ | le but, avec le subjonctif |
Erreurs fréquentes
| ❌ | ✅ | Pourquoi |
|---|---|---|
Il a si travail que… | Il a tellement de travail que… | Avec un nom, il faut de |
Il travaille si qu'il est fatigué. | Il travaille tellement que… | si ne va pas avec un verbe |
donc au début de chaque phrase | le varier | La répétition fait baisser la note |
alors que pour un résultat | alors | alors que veut dire « pendant que » |
de sorte qu'il vient pour un but | … qu'il vienne | Le but demande le subjonctif |
si beaucoup de travail | tellement de travail | si ne va pas avec un nom |
Pourquoi si, tant et tellement existent tous les trois
un ancien partage des tâches qui n'a jamais été achevé
En ancien français, le partage était net :
| Mot | Avec quoi | Prononciation |
|---|---|---|
si | les adjectifs et les adverbes — la qualité | /si/ |
tant | les noms et les verbes — la quantité | /tɑ̃/ |
tellement est arrivé plus tard — de tel + -ment — et, comme il était nouveau, il n'avait aucune restriction : il s'est installé partout.
Le résultat aujourd'hui :
si | tant | tellement | |
|---|---|---|---|
| avec un adjectif | ✅ | ❌ | ✅ |
| avec un nom | ❌ | ✅ | ✅ |
| avec un verbe | ❌ | ✅ | ✅ |
Il existe donc une solution de facilité : en cas de doute, employez tellement. C'est le seul qui fonctionne dans les trois positions.
D'autres langues ont gardé un partage strict entre qualité et quantité, sans mot qui couvre les deux. Le français en a un, et c'est tellement. Employez-le en cas de doute, mais variez quand vous soignez votre écriture : trois tellement dans un texte, c'est aussi faible que trois donc.