En une ligne
Reliez la phrase avec
que, changez les pronoms et, si le verbe principal est au passé, reculez les temps d'un cran.
Beaucoup de langues font ces trois mêmes changements. Ce qu'il faut apprendre ici, ce sont les paires de temps du français — et un petit piège avec
si.
Le tableau
Trois choses qui changent
| # | Quoi | Exemple | Prononciation |
|---|---|---|---|
| 1 | le mot de liaison | affirmation → que question fermée (oui/non) → si avec un mot interrogatif → ce mot | /kə/ · /si/ |
| 2 | les pronoms | je → il mon → son | /ʒə/ · /il/ · /mɔ̃/ · /sɔ̃/ |
| 3 | le temps — seulement si le verbe principal est au passé | voir le tableau ci-dessous |
Le mot de liaison
| Discours direct | Discours indirect |
|---|---|
Il dit : « Je suis fatigué. » /il di ʒə sɥi fa.ti.ɡe/ | Il dit qu'il est fatigué. /il di kil ɛ fa.ti.ɡe/ |
Il demande : « Tu viens ? » /il də.mɑ̃d ty vjɛ̃/ | Il demande si tu viens. /il də.mɑ̃d si ty vjɛ̃/ |
Il demande : « Où vas-tu ? » /il də.mɑ̃d u va.ty/ | Il demande où tu vas. /il də.mɑ̃d u ty va/ |
Un point à retenir : beaucoup de langues peuvent omettre la conjonction. En français,
quene disparaît jamais.
La concordance — quand le verbe principal est au passé
| Discours direct | Discours indirect |
|---|---|
présent — je suis /ʒə sɥi/ | imparfait — il était /il e.tɛ/ |
passé composé — j'ai fini /ʒe fi.ni/ | plus-que-parfait — il avait fini /il a.vɛ fi.ni/ |
futur — je viendrai /ʒə vjɛ̃.dʁe/ | conditionnel — il viendrait /il vjɛ̃.dʁɛ/ |
| imparfait · plus-que-parfait · conditionnel | ne changent pas |
Et si le verbe principal est au présent, aucun temps ne change :
Il dit qu'il est fatigué.
viendrai→viendrait: une seule lettre sépare le futur du conditionnel, mais à l'écrit, c'est elle qui montre la concordance.
Exceptions
| Exception | Ce qui se passe |
|---|---|
L'impératif devient de /də/ + infinitif | « Viens ! » → Il m'a dit de venir. /il ma di də və.niʁ/ |
qu'est-ce que /kɛs.kə/ devient ce que /sə kə/ | « Qu'est-ce que tu fais ? » → Il demande ce que tu fais. /il də.mɑ̃d sə kə ty fɛ/ |
qu'est-ce qui /kɛs ki/ devient ce qui /sə ki/ | Il demande ce qui se passe. /il də.mɑ̃d sə ki sə pas/ |
| Pas d'inversion dans une question indirecte | Il demande où tu vas. /il də.mɑ̃d u ty va/, et non où vas-tu /u va.ty/ |
| Les indicateurs de temps changent aussi | aujourd'hui /o.ʒuʁ.dɥi/ → ce jour-là /sə ʒuʁ.la/ hier /jɛʁ/ → la veille /vɛj/ demain /də.mɛ̃/ → le lendemain /lɑ̃d.mɛ̃/ |
Exemples
| Discours direct | Discours indirect |
|---|---|
Il dit : « Je suis fatigué. » /il di ʒə sɥi fa.ti.ɡe/ | Il dit qu'il est fatigué. /il di kil ɛ fa.ti.ɡe/ |
Il a dit : « Je suis fatigué. » /il a di ʒə sɥi fa.ti.ɡe/ | Il a dit qu'il était fatigué. /il a di kil e.tɛ fa.ti.ɡe/ |
Elle a dit : « J'ai fini. » /ɛl a di ʒe fi.ni/ | Elle a dit qu'elle avait fini. /ɛl a di kɛl a.vɛ fi.ni/ |
Il a demandé : « Tu viens ? » /il a də.mɑ̃.de ty vjɛ̃/ | Il a demandé si je venais. /il a də.mɑ̃.de si ʒə və.nɛ/ |
Il a demandé : « Où habites-tu ? » /il a də.mɑ̃.de u a.bit.ty/ | Il a demandé où j'habitais. /il a də.mɑ̃.de u ʒa.bi.tɛ/ |
Elle m'a dit : « Attends ! » /ɛl ma di a.tɑ̃/ | Elle m'a dit d'attendre. /ɛl ma di da.tɑ̃dʁ/ |
Erreurs fréquentes
| ❌ | ✅ | Pourquoi |
|---|---|---|
Il demande que tu viens ? | Il demande si tu viens. | Une question fermée prend si |
Il a demandé où vas-tu. | Il a demandé où tu allais. | Pas d'inversion au discours indirect |
Il a dit qu'il est fatigué. | Il a dit qu'il était fatigué. | Verbe principal au passé → concordance |
Il m'a dit que venir. | Il m'a dit de venir. | L'impératif devient de + infinitif |
Il demande qu'est-ce que tu fais. | Il demande ce que tu fais. | qu'est-ce que ne se garde pas |
Il dit il est fatigué. | Il dit qu'il est fatigué. | que ne peut pas disparaître |
Ce qui va de soi, et ce qui piège
la concordance se comprend vite ; deux autres points, non
La concordance elle-même n'est pas difficile. Beaucoup de langues la pratiquent, avec les mêmes déclencheurs. Si vous savez que « il viendra », rapporté au passé, devient « il viendrait », vous savez produire Il a dit qu'il viendrait.
Deux réflexes posent pourtant problème.
1. Oublier la conjonction. Dans beaucoup de langues, elle est facultative. En français, que ne disparaît jamais. C'est l'erreur la plus fréquente de cette page, et elle passe facilement inaperçue à l'oreille.
2. Le si du discours indirect. Pour rapporter une question fermée, on emploie si : Il m'a demandé si je venais. Attention : le si de la condition refuse le futur, mais celui du discours indirect l'accepte : Il demande s'il viendra est correct. Voir question-indirecte.
Et une tolérance : dans le français parlé familier, on saute souvent la concordance. À l'écrit et à l'examen, elle est obligatoire.