
La Lumière d'en face
Tous les soirs à vingt-deux heures, une fenêtre de la tour d'en face s'allume et s'éteint pendant une minute. Karim est sûr que c'est un message en morse. Claire et lui essaient de le lire.
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C'est Karim qui l'a remarquée le premier.
Un soir de novembre, il a frappé à la porte de Claire. Il tenait son échiquier sous le bras, comme toujours, mais il ne voulait pas jouer.
« Viens voir, a-t-il dit. Chez moi. Maintenant. »
L'appartement de Karim est au quatrième étage. Depuis sa fenêtre, on voit l'immeuble d'en face : une grande tour de dix étages, avec des centaines de fenêtres. À cette heure, beaucoup de fenêtres étaient allumées.
« Regarde la tour, a dit Karim. Septième étage. La troisième fenêtre en partant de la gauche. Il est vingt-deux heures moins une minute. »
Claire a regardé. La fenêtre était noire.
À vingt-deux heures exactement, la fenêtre s'est allumée. Puis éteinte. Puis allumée, longtemps. Puis éteinte. Allumée, éteinte, allumée…
Ça a duré environ une minute. Puis la fenêtre est redevenue noire.
« Ça arrive tous les soirs, a dit Karim. Depuis une semaine. Toujours à vingt-deux heures. Toujours pendant une minute. »
« Quelqu'un joue avec l'interrupteur ? Un enfant ? »
« Un enfant ne joue pas tous les jours à la même minute. » Karim a pris un crayon. « Moi, je pense que c'est un message. Des lumières longues et des lumières courtes. Tu connais le morse ? »
Claire ne connaissait pas le morse. Mais Karim, lui, était ancien professeur de mathématiques. Et les anciens professeurs de mathématiques ont souvent des livres très étranges dans leur bibliothèque.





