جلد کتاب La Route du Nord

La Route du Nord

B2بالاتر از متوسطداستان FlexiLingoنوشته‌ی FlexiLingo15 صفحه37 دقیقه

Après la mort de son père, Théo Lavoie, vingt-six ans, doit conduire son vieux camion de Montréal jusqu'à Kuujjuaq, puis au bout de la route de la Baie-James. Avec lui : Rose, une auto-stoppeuse qui refuse de dire où elle va, et un chien qui n'appartient à personne. Une novella d'aventure de niveau B2.

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Chapitre premier : Le camion

Le camion de son père était garé devant la maison de Longueuil, exactement là où il l'avait laissé le jour de sa crise cardiaque : un vieux Ford F-250 rouge, rouillé autour des roues, avec cent quatre-vingt-dix mille kilomètres au compteur et une odeur permanente de café froid et d'huile de moteur.

Théo Lavoie l'a regardé pendant longtemps depuis la fenêtre de la cuisine, une tasse à la main.

« Tu vas le vendre ? » a demandé sa sœur Mélanie, qui rangeait les papiers de leur père dans des boîtes en carton.

Théo n'a pas répondu tout de suite. Il avait vingt-six ans, un emploi de programmeur dans une entreprise de jeux vidéo au centre-ville, un appartement trop cher dans Griffintown et, depuis trois semaines, l'impression étrange de vivre dans la vie de quelqu'un d'autre. Il n'avait pas beaucoup parlé à son père ces dernières années. Pas de dispute, pas de drame : juste deux hommes qui ne savaient pas quoi se dire, et qui se téléphonaient à Noël et aux anniversaires.

Denis Lavoie avait été électricien pendant trente ans sur les grands chantiers hydroélectriques du Nord, à la Baie-James. Il partait des mois entiers. Quand Théo était enfant, son père était surtout une voix au téléphone, le dimanche soir, avec un bruit de vent derrière.

« Il y a quelque chose dans le coffre à gants, a dit Mélanie. Une enveloppe à ton nom. Je ne l'ai pas ouverte. »

Théo est sorti. Il faisait froid, un matin gris de fin septembre. Le coffre à gants du camion était plein de cartes routières, de reçus d'essence et de vieux bonbons. Au fond, il y avait une grande enveloppe brune.

À l'intérieur, une carte routière du Québec, pliée et repliée tant de fois qu'elle se déchirait aux plis. Quelqu'un avait tracé au feutre rouge une ligne qui partait de Montréal, montait vers le nord par Val-d'Or et Matagami, suivait la route de la Baie-James jusqu'à Radisson, puis continuait sur une piste de gravier, la route Transtaïga, vers l'est, pendant six cents kilomètres, jusqu'à un tout petit point au bout du monde : Caniapiscau.

Et une lettre, de l'écriture maladroite de son père.

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