Coup de chaud : comment la chaleur dérègle le vivant 1/5 : La santé reproductive des abeilles est en berne

Coup de chaud : comment la chaleur dérègle le vivant 1/5 : La santé reproductive des abeilles est en berne

La Science, CQFD

B2June 29, 20265 min
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durée : 00:05:29 - Avec sciences - par : Alexandra Delbot - Les vagues de chaleur ne tuent pas seulement les abeilles, elles compromettent aussi leur reproduction. Une nouvelle étude révèle qu'une canicule subie au stade larvaire altère durablement leur santé reproductive. Un effet qui pourrait se répercuter sur plusieurs générations.

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Les matins de France Culture, Astrite de Villene Il est l'heure d'avec chance avec vous Alexandra Delbao, bonjour. Bonjour Astrite, bonjour à toutes et à tous. Toute la semaine vous nous proposez une série spéciale

Comment la chaleur des règles, le vivant, c'est d'actualité. Avec le réchauffement climatique, donc les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus précauses et plus intense. La canicule de ce mois de juin a offert un aperçu de ce qui nous attend dans le futur.

ces épisodes extrêmes augmentent à la mortalité des animaux, sauvage et d'élevage, ainsi que celle des humains. Mais la hausse des températures agit aussi de façon plus discrète et chronique sur la nature et c'est ce qu'on va explorer donc toute la semaine en commençant aujourd'hui

par les abeilles. Les abeilles qu'on connaît le mieux dans les sciences et dans le grand public, c'est l'abeille domestique, celle qui vit dans les ruches, c'est la mieux armée face au vague de chaleur car c'est une abeille sociale.

Nicolas Weureken est professeur d'anthomologie et d'agroécologie à l'université libre de Bruxelles. L'abbaye domestique, il représente une espèce dans nos régions, un piste médifera. Elle a grande force, c'est qu'elle a un tampon social, donc elle a toute la masse ouvrière qui sert de tampon pour pouvoir organiser une collaboration de manière à pouvoir tempérer

l'intérieur de la colonie. Et donc elles ont cette capacité de pouvoir réguler d'un point de vue de la température, que ce soit en hiver pour essayer de la maintenir à des températures suffisantes, mais aussi en été pour ventiler davantage. Et là, cette capacité de résilience qui est due à cette masse des ouvrières qui travaillent ensemble.

Mais encore une fois, c'est un tampon, si vous voulez, qu'il y ait une limite. C'est-à-dire qu'au-delà de certaines températures, les colonies finissent par bouillir également et donc finissent par décliner également. Il y a beaucoup plus d'études sur l'impact du réchauffement, voire des vagues de chaleur sur la baie domestique, qui occupent nos ruches.

On a par contre beaucoup moins d'informations sur ce qui se passe au niveau des abeilles sauvages qui sont majoritairement solitaires. Et c'est là qu'on voit des choses parfois encore plus alarmantes. Apis-Mélifera, l'abeille dont on récolte le miel, c'est une seule espèce parmi le millier

qui existe en France. Toutes les autres sont nommées abeilles sauvages. Et la grande majorité d'entre elles sont solitaires, comme les papillons ou les colléoptères.

Les abeilles solitaires forment aussi des nits. mais c'est la femelle seule qui s'occupe de la reproduction, de la récolte de la nourriture et de nourrir les petits. Les tâches ne sont pas partagées entre individus, donc tout choc environnemental.

La chaleur ou les pesticides, pour prendre un autre exemple, reposent sur un seul et unique individu. Généralement, la femelle, ce qui rend les abeilles sauvages plus fragiles, théoriquement donc, que l'abeille domestique.

En pratique, Alexandra, quels sont les effets avérés de la chaleur sur ces abeilles ? Eh bien, sur la santé reproductive. C'est le cœur de cette nouvelle étude parue dans le Journal of Thermal Biology sur des osmirousses des abeilles solitaires courantes dans nos jardins.

Un groupe de larves d'abeilles a été exposé aux températures estivales habituelles du nord-ouest, pardon de l'Angleterre, donc 25° au maximum. Et puis un autre groupe a subi une canicule artificielle pendant trois jours consécutifs à 40° la journée.

Résultat, ne prie ma bord, rien n'a signalé. Les abeilles grandissent normalement, mais l'année suivante en revanche, leurs santé reproductive est altérée. – Qui est important dans cette étude, c'est qu'ils lèvent le voile

sur ce qui est jusqu'à maintenant un peu un angle mort, c'est-à-dire qu'on traite de ce qu'on appelle des effets sublétaux, donc presque létaux, presque mortels, et en particulier de certains effets qui se marquent une génération

après la phase d'exposition à un choc thermique. Donc on pourrait se dire, ok, les abeilles survivent, même si elles sont exposées à des températures d'une quarantaine de degrés, ce qui est subi par ces insectes-là aujourd'hui dans l'environnement.

On n'observe pas nécessairement d'impact direct, mais par contre une génération suivante, lorsqu'on examine en particulier des caractères morphologiques ou des caractères relatifs à la reproduction, que ce soit chez les mâles ou chez les femelles, donc la motilité des spermatozoïdes ou leur nombre, et pareil du côté des femelles aussi, leur capacité de production de vue est largement réduite suite à cette disposition.

Et donc ça nous montre que finalement on a affaire à des effets sublétaux qui sont multigénérationnels. Donc ces effets peuvent avoir lieu au sein d'une génération et se répercuter sur des générations qui suivent. Pour donner quelques chiffres, l'activité d'espermatosoïde est réduite de moitié pour les mal exposés durant leur jeunesse aux températures caniculaires par rapport aux groupes contrôles.

Leur nombre a également diminué d'un tiers et chez le femelle, c'est moins 15% d'ovules en développement. l'auteur de l'étude détaille tous ses résultats dans un long article de The Conversation. Les abeilles solitaires sont donc plus sensibles et vulnérables qu'on ne l'imaginait jusqu'à présent et ses effets des vagues de chaleur pourraient se propager de génération en génération.

Les larves exposées à la chaleur deviennent des adultes moins vertiles, mais en plus les mers elles-mêmes en pleine caliocule peinent à butiner et rapportent moins de pollen à leurs futurs larves. L'arve à cela s'ajoute toutes les autres pressions environnementales,

pollutions et pesticides, mais aussi les effets des vagues de chaleur sur les fleurs. La chaleur réduit la quantité et la qualité du nectar et du pollen, dont se nourrissent évidemment les abeilles, c'est donc un effet boule de neige. Certaines espèces d'abeilles sauvages pourraient ainsi, d'une année sur l'autre, totalement

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