
Antoine Meunier, rédacteur en chef du site Lachroniquespatiale.com, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce mercredi 1er juillet. Il s'est penché sur l'envoi d'un robot par la NASA pour sauver un satellite en cours d'écrasement sur Terre, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
Transcript
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— Tekenko, la quotidienne, décryptage. — Bonsoir, Antoine. — Bonsoir, François. Rédacteur en chef du cycle, la chronicspatiel.com. Tiens, première chose, allez voir la chronicspatiel.com.
Si vous êtes un fan d'actualité spatiale, vous ne le regretterez pas. L'auteur est sur ce plateau et on a énormément d'actu. Il y a tout ce qui se passe, tout ce qui se trame. Dans l'espace, tu es venu nous parler de cette histoire incroyable.
Or là, on est vraiment dans la science-fiction. Antoine parle nous de ce satellite qui va s'écraser sur Terre. C'est un vieux télescope je crois. Alors Swift, c'est Swift, c'est effectivement un vieux télescope, il a été lancé en 2004.
Antoine qui s'appelle Swift et qui part en poussière, franchement on est presque dans la publicité juste avant le JT de 20 heures. On peut dire ça, effectivement. Non plus sérieusement, c'est un satellite astronomique. Sa mission devait durer deux ans, il devait observer ce qu'on appelle
Les sursaut gamma, les sursaut gamma, ce sont les événements, parmi les événements les plus violent, qui peuvent avoir lieu dans l'univers, ça se produit de manière, c'est une explosion pour faire simple. – Lié au soleil ou pas forcément ? – Lié aux étoiles, tout simplement. – On ne prendrait pas trop dans les détails là-dessus, mais ce sont des événements qui sont violents,
qui se produisent de manière complètement aléatoire dans l'univers. Et depuis maintenant 22 ans, SWIFT en a quand même détecté plus de mille. On est à plus de 1000 déctectés. Donc sur 22 ans c'est relativement rare, j'ai envie de...
Si, malgré tout, c'est quand même important. Mais la mission, elle devait durer 2 ans. Et elle dure depuis 22 ans maintenant. Début de 2024.
Il fait qu'il a tenu beaucoup plus ce que prévu. Oui, un peu comme le revers sur Mars. En gros, si tu veux, on part pour une durée minimale, qu'on garantie, il y a une garantie constructeur entre les mains.
Et tant que ça tient, on maintient le véhicule à poste, on le fait durer. Et il fonctionne très bien. Le seul problème, c'est qu'en 2024, il y a eu un pic d'activités solaires qui a dilaté la haute atmosphère terrestre.
Ça a eu pour conséquence de dégrader l'orbite de Swift. Résultat, Swift est en train de retomber. Il est passé de 600 et aujourd'hui il est à moins de 400 km. – Alors attends, juste une question, il n'avait pas de petit réacteur de propulsion pour le remonter en fait sur ce marmille ?
– Non, il n'a pas de propulsion, donc il a fallu, la NASA était très embêtée, elle avait deux options. La première option c'était de mettre sur pied une nouvelle mission, mais ça prend du temps. – C'est coûteux ? – C'est coûteux, c'est au minimum une dizaine d'années. – Parce qu'on apprend des choses avec justement ces détections de gammas ?
Ça fait, comment dire, ça fait... Ah ! Je vais y arriver ! Ça fait avancer la science. Voilà !
On y est. Ça fait avancer la science, mais le problème, c'est que là, il faut agir très très vite, étant donné que l'orbite de Swiss continue de descendre de manière... Oui, donc utiliser deux solutions. Soit repartir.
Soit repartir. Laissez tomber ce gars de ce truc-là. Soit on voliez un remorqueur. On a choisi cette option.
Enfin, la NASA a choisi cette option. Une option qui est quand même très risquée, c'est un vrai coup de poker que tant que la NASA, c'est d'envoyer un petit satellite qui va remonter progressivement l'orbite de Swift qui là est à moins de 400 km. L'idée c'est de la remonter à 600 km d'altitude à peu près.
Alors qui était à combien avant ? C'était son altitude initiale. Là il est un peu plus de 350, 360 km. Grosso... – C'est-à-dire que inexorablement, si on ne fait rien…
– Il va retomber. – Il va désintégrer lorsqu'il pénètre au rap dans l'atmosphère. – Et là, c'est une vraie question de moi. Ce qui fait que la NASA est allée très vite.
C'est-à-dire qu'en moins de 8 mois, on a 8 à 9 mois, on a bouclé une mission pour 30 millions de dollars avec une fusée aéroportée. Donc on s'affranchit des contraintes d'un gros lanceur sur un pas de tir.
– Donc c'est quoi ? C'est une petite fusée ? – C'est une petite fusée… – Qui va être lancée d'où ? – Qui va être lancée depuis un avion.
depuis un avion expressement fait pour ça. – Un peu comme le concept de Jeff Bezos qui avait un truc comme ça, non ? Ou c'était Richard Branson ? – Non, c'est Branson.
Un peu comme le Virgin Galactique. Ce que c'est le Virgin Galactique, lui est suborbital. Là, on va atteindre l'orbite. La fusée est conçue pour ça.
– C'est-à-dire qu'il y a un avion qui va décoller. – Il va larguer le lanceur. – Ouais. – Virgin Orbite, autrefois, feu Virgin Orbite,
mettait sur pied un lanceur qui était à éreporté. C'est exactement le même principe. Alors heureusement, la société a fermé. Mais là, heureusement, il y a cette fusée, donc Pegasus, qui va lancer ce petit satellite de 400 kg, Link, qui va progressivement se rapprocher de Swift, ce qui va prendre à peu près un mois pour le rattraper. Il va
falloir ensuite inspecter ce... – Lui, il a des propulseurs, ce petit satellite, j'imagine. – Ce petit satellite a des propulseurs. Il va s'amarrer au télescope ?
Il va s'amarrer au télescope, mais pas tout de suite parce qu'on ne sait pas du tout dans quel état est Swift depuis 22 ans. On n'a aucune photo prise, on n'a pas de selfie de Swift. Il marche toujours, il est toujours fonctionnel ? Il est toujours fonctionnel, mais il faut quand même vérifier, choisir des points
où on va ancrer les bras du petit satellite qui va ensuite le remonter. Et tout doucement, pendant trois mois, on va remonter progressivement leur bise. de manière à ce qu'il remonte à peu près entre 550 et 600 km. Qui serait, on va dire, l'altitude sécurisante pour lui.
Exactement, exactement. Et on estime que si ça réussit, si ça réussit, on pourra garder Swift pendant encore une dizaine d'années à poste, ce qui donnera le temps à la NASA de plancher sur une nouvelle mission qui permettra de continuer. de continuer à récolter des données.
– Pas mal, quand même. – Donc normalement le lancement a lieu demain.
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