
Septembre
Julien, infirmier lyonnais, vient d'arriver à Québec pour un contrat d'un an. Dans sa première lettre à sa sœur Mathilde, il raconte l'arrivée, l'hôpital et les petites surprises de la langue.
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Lettre de Julien
Québec, le 21 septembre
Chère Mathilde,
Tu vas rire : j'avais promis de t'écrire dès le premier soir, et voilà déjà trois semaines que je suis arrivé. Mais tu me connais, je voulais t'écrire une vraie lettre, pas un message de trois lignes entre deux gardes. Alors je me suis installé à la table de ma cuisine, avec un thé et la fenêtre ouverte sur le fleuve, et je prends le temps.
D'abord, rassure Maman : je suis vivant, je mange, et je n'ai pas encore perdu mon passeport.
Le voyage s'est bien passé, même si le vol a eu deux heures de retard à Montréal et que j'ai failli rater l'autobus pour Québec. Quand je suis enfin arrivé, il était dix heures du soir, il pleuvait, et je ne voyais rien de la ville. J'ai pris un taxi jusqu'à mon appartement. Le chauffeur a parlé pendant tout le trajet. Il m'a demandé d'où je venais, et quand j'ai dit « Lyon », il s'est exclamé : « Ah, un Français ! Bienvenue ! Vous allez voir, l'hiver, c'est pas comme chez vous. » Tout le monde me parle de l'hiver. Je commence à avoir peur.
L'appartement est petit mais lumineux, au troisième étage d'une vieille maison du quartier Saint-Jean-Baptiste. Il y a un escalier extérieur en métal, comme dans les films, et depuis la fenêtre du salon, si je me penche un peu, je vois un morceau du fleuve Saint-Laurent. Le propriétaire, un monsieur très gentil qui s'appelle Réjean, m'a laissé un pot de confiture de bleuets sur la table avec un petit mot : Bienvenue chez vous ! Tu imagines un propriétaire lyonnais faire ça ?
Maintenant, l'hôpital.
Các tập
Tất cả các tập- 1Septembre11 phút
- 2Décembre11 phút
- 3Mars11 phút
- 4Juin9 phút





