Expressions anglaises et leurs traductions françaises : 60 idiomes et les erreurs classiques des francophones
L'anglais a une grenouille dans la gorge, le français un chat. L'anglais fait les choses once in a blue moon, le français tous les trente-six du mois. Et un footing n'existe pas en anglais. Le guide complet des idiomes anglais et français.

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Ouvrir les paquets gratuits1Pourquoi les francophones partent avec une longueur d'avance et se font quand même piéger
Les francophones disposent en anglais d'un avantage que les locuteurs de presque aucune autre langue ne possèdent. Environ un tiers du vocabulaire anglais vient du français après 1066, et une grande quantité d'idiomes a suivi le même chemin. Vous abordez ce sujet avec un matériel que personne d'autre n'a.
Un idiome est une expression dont le sens ne se déduit pas de ses mots. Kick the bucket n'a rien à voir avec des seaux. Casser sa pipe n'a rien à voir avec des pipes. Les deux veulent dire mourir, et aucun des deux ne se devine. Un anglophone natif emploie une dizaine d'idiomes par conversation sans même y penser : les ignorer, c'est perdre une partie de chaque réunion et de chaque podcast.
Briser la glace, c'est bien to break the ice. Lire entre les lignes, c'est bien to read between the lines. Jouer avec le feu, être dans le même bateau, être tout ouïe, le mouton noir, une aiguille dans une botte de foin et une goutte d'eau dans la mer se transposent mot pour mot. C'est une avance considérable, et gratuite.
Et cette avance est exactement le piège. Le schéma fonctionne assez souvent pour paraître fiable, si bien que votre instinct cesse de vérifier. Vous dites alors a cat in my throat, parce que le français dit un chat dans la gorge, alors que l'anglais y loge une grenouille.
Le travail se divise donc en trois parties, et seule celle du milieu est dangereuse : les idiomes qui se transposent, que vous possédez déjà ; ceux qui se transposent presque, avec un seul élément échangé, où se logent toutes les erreurs ; et ceux qui n'existent que dans une seule langue, qui relèvent du simple vocabulaire.
Il existe un quatrième problème, propre au français, et qui ne concerne pas du tout les idiomes. Le français a inventé quantité de mots d'allure anglaise que l'anglais ne possède pas. Un footing, un brushing, un relooking, le pressing et un smoking sont du français parfaitement normal, et aucun n'est anglais. La section cinq leur est entièrement consacrée.
Tip: N'étudiez pas les idiomes par ordre alphabétique. Classez-les en trois tas : ceux qui se transposent, ceux qui se transposent presque, et ceux qui n'existent que d'un seul côté. Les « presque » forment une liste courte, et ils expliquent la quasi-totalité de vos erreurs.
2La liste sûre : la même image dans les deux langues
Ceux-là se transposent directement. Même image, même sens, même registre. Vous pouvez traduire mot pour mot et avoir raison, ce qui est assez rare pour mériter une liste à part.
- briser la glace, c'est to break the ice
- jouer avec le feu, c'est to play with fire
- lire entre les lignes, c'est to read between the lines
- être dans le même bateau, c'est to be in the same boat
- être tout ouïe, c'est to be all ears
- le mouton noir, c'est the black sheep
- une aiguille dans une botte de foin, c'est a needle in a haystack
- une goutte d'eau dans la mer, c'est a drop in the ocean
- faire la sourde oreille, c'est to turn a deaf ear
- voir rouge, c'est to see red
- être dans le rouge, c'est to be in the red
- croiser les doigts, c'est to keep your fingers crossed
- prendre le taureau par les cornes, c'est to take the bull by the horns
- être sur la même longueur d'onde, c'est to be on the same wavelength
- la balle est dans ton camp, c'est the ball is in your court
- comme un poisson hors de l'eau, c'est like a fish out of water
- jeter des perles aux pourceaux, c'est to cast pearls before swine
- l'argent ne pousse pas sur les arbres, c'est money does not grow on trees
- mieux vaut tard que jamais, c'est better late than never
- tout ce qui brille n'est pas or, c'est all that glitters is not gold
- qui se ressemble s'assemble, c'est birds of a feather flock together
- né avec une cuillère d'argent dans la bouche, c'est born with a silver spoon in his mouth : l'argent est resté dans les deux
- c'est du gâteau, c'est a piece of cake, et les deux langues ont choisi le gâteau
Ce recouvrement n'a rien d'un hasard. Le français normand a fourni un tiers du vocabulaire anglais et une bonne part de son stock de proverbes, puis les deux langues ont puisé aux mêmes sources latines et bibliques. Les ajouts les plus récents, comme the ball is in your court, ont fait le trajet inverse au siècle dernier.
Tip: Comme ils se transposent, servez-vous-en en priorité quand vous voulez sonner naturel sous pression. Vous n'aurez pas à y réfléchir, et ils vous achètent les quelques secondes nécessaires pour le reste de la phrase.
3Même sens, autre animal
C'est la section qui compte. Chacun des idiomes ci-dessous existe dans les deux langues et signifie la même chose, mais un élément a été remplacé : traduite littéralement, la version française produit un anglais bizarre plutôt que faux. Ce sont les erreurs que personne ne corrige, parce qu'on vous a compris et qu'on n'a rien dit.
Là où le français a un chat dans la gorge, l'anglais y loge une grenouille : a frog in your throat. Les deux décrivent un enrouement passager. I have a cat in my throat se comprend et fera sourire un anglophone, ce qui n'est pas l'effet recherché en pleine présentation.
Le français dit tous les trente-six du mois, formule savoureuse et intraduisible, puisqu'aucun mois n'a de trente-sixième jour. L'anglais, lui, dit once in a blue moon. Les deux veulent dire très rarement, et aucune des deux images ne survit à la traduction.
Le français dit coûter les yeux de la tête. L'anglais facture un bras et une jambe : to cost an arm and a leg. Même sens, autres parties du corps, et c'est le français qui est le plus alarmant des deux.
Le français dit ne pas être dans son assiette, pour un petit malaise ou une forme moyenne. L'anglais dit under the weather. C'est l'une des expressions les plus utiles du quotidien dans les deux langues, et les images n'ont rien en commun.
Le français dit avoir d'autres chats à fouetter. L'anglais a other fish to fry. Les deux veulent dire avoir mieux à faire. Ne traduisez surtout pas le français.
Le français dit quand les poules auront des dents. L'anglais dit when pigs fly. Les deux veulent dire jamais. Les deux sont absurdes, et aucune des deux absurdités ne se transpose.
Le français dit quand on parle du loup, on en voit la queue. L'anglais dit speak of the devil. Même situation, autre créature.
Le français dit les chiens ne font pas des chats, pour dire que les enfants ressemblent à leurs parents. L'anglais dit the apple does not fall far from the tree. Cette paire ne partage aucune image, ce qui en fait un pur élément de vocabulaire.
- faire d'une pierre deux coups garde la pierre mais perd les oiseaux ; l'anglais dit to kill two birds with one stone
- jeter de l'huile sur le feu verse de l'huile ; l'anglais ajoute du carburant : to add fuel to the fire
- couper les ponts coupe les ponts ; l'anglais les brûle : to burn your bridges
- jeter l'éponge garde l'éponge ; l'anglais jette la serviette : to throw in the towel
- avoir la main verte parle de main ; l'anglais parle de doigts en Grande-Bretagne, green fingers, et de pouce en Amérique du Nord, a green thumb
- être aux anges convoque des anges ; l'anglais monte sur un nuage, on cloud nine, ou passe au-dessus de la lune, over the moon
- il pleut des cordes fait tomber des cordes ; l'anglais fait tomber des chats et des chiens : it is raining cats and dogs
- tourner autour du pot garde le pot ; l'anglais bat les buissons : to beat about the bush
- mettre les pieds dans le plat y met les deux pieds ; l'anglais n'en met qu'un, et ailleurs : to put your foot in it
- vendre la mèche vend une mèche ; l'anglais renverse les haricots, to spill the beans, ou laisse sortir le chat du sac, to let the cat out of the bag
- bâtir des châteaux en Espagne les bâtit en Espagne ; l'anglais les bâtit dans les airs : to build castles in the air
- la goutte d'eau qui fait déborder le vase fait déborder un vase ; l'anglais y voit la dernière paille : the last straw, ou the straw that broke the camel's back
- avoir du pain sur la planche parle de pain ; l'anglais dit to have your hands full, ou a lot on your plate
- faire marcher quelqu'un le fait marcher ; l'anglais lui tire la jambe : to pull someone's leg
- c'est en forgeant qu'on devient forgeron parle de forgerons ; l'anglais dit practice makes perfect
- il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué parle d'un ours ; l'anglais dit do not count your chickens before they hatch
Les deux dont vous aurez le plus souvent besoin sont ne pas être dans son assiette et avoir un chat dans la gorge, parce que toutes deux décrivent votre état du jour et reviennent sans arrêt dans la conversation ordinaire. Travaillez celles-là avant tout le reste.
Tip: Pour chaque paire, dites la version anglaise à voix haute trois fois et ne répétez pas la française. L'image française est déjà automatique ; vous êtes en train de construire une habitude concurrente, et répéter les deux maintient la concurrence en vie.
4Le tableau des idiomes, du français vers l'anglais
Référence rapide pour les expressions que vous aurez le plus souvent envie d'employer. Le français d'abord, puis l'anglais qui le porte.
- avoir le cafard devient to feel down, ou to have the blues.
- en avoir marre devient to be fed up.
- ça marche devient that works, ou sounds good.
- n'importe quoi devient nonsense, ou that is ridiculous.
- bref devient anyway, ou long story short.
- du coup devient so, ou as a result, et les anglophones l'emploient bien moins souvent que les francophones ne disent du coup.
- quand même devient still, ou all the same, selon la phrase.
- avoir le trac devient to have stage fright, ou to be nervous.
- poser un lapin à quelqu'un devient to stand someone up.
- avoir la flemme devient I cannot be bothered.
- ras-le-bol devient I have had enough.
- être à l'ouest devient to be out of it, ou not with it.
- tomber dans les pommes devient to faint, ou to pass out.
- raconter des salades devient to spin a yarn, ou to tell tall tales.
- avoir un poil dans la main devient to be bone idle.
- se creuser la tête devient to rack your brains.
- prendre son courage à deux mains devient to bite the bullet, ou to steel yourself.
- battre froid à quelqu'un devient to give someone the cold shoulder.
- être fauché devient to be broke.
- coup de foudre devient love at first sight.
- un pieux mensonge devient a white lie.
- revenons à nos moutons devient let us get back to the point.
- ce n'est pas la mer à boire devient it is not that hard, ou it is not the end of the world.
- les doigts dans le nez devient hands down, ou with your eyes closed.
- être crevé devient to be shattered, ou wiped out.
- avoir la gueule de bois devient to have a hangover.
- faire la grasse matinée devient to have a lie-in, ou to sleep in.
- mettre son grain de sel devient to put your oar in, ou to chip in.
- l'habit ne fait pas le moine devient do not judge a book by its cover.
- chacun voit midi à sa porte devient everyone sees things their own way.
Tip: N'apprenez pas ce tableau par cœur. Lisez-le une fois, puis cochez les cinq expressions que vous employez personnellement le plus en français. Ce sont ces cinq-là dont vous aurez réellement besoin en anglais.
5Faux anglicismes : ces mots français qui n'ont d'anglais que l'apparence
Le français a forgé quantité de mots d'allure anglaise que l'anglais ne possède pas, ou qu'il possède avec un tout autre sens. Ce ne sont pas de simples maladresses de style : plusieurs ne seront tout bonnement pas compris, et un ou deux seront mal compris.
- un footing, c'est du jogging ; en anglais, footing désigne un appui ou une base, comme dans on an equal footing. Dites jogging, ou going for a run.
- un brushing, c'est un séchage-brossage chez le coiffeur ; en anglais, brushing veut simplement dire brosser. Dites a blow-dry.
- un relooking, c'est une transformation d'image ; relooking n'existe pas en anglais. Dites a makeover.
- le pressing, c'est le teinturier ; en anglais, pressing veut dire exercer une pression. Dites the dry cleaner's.
- un smoking, c'est une veste de soirée ; en anglais, smoking est le verbe fumer. Dites a tuxedo en Amérique du Nord, a dinner jacket en Grande-Bretagne.
- un parking, c'est un lieu de stationnement ; en anglais, parking désigne l'action de se garer. Dites a car park, ou a parking lot en Amérique du Nord.
- un camping, c'est un terrain ; en anglais, camping est l'activité. Dites a campsite.
- un dressing, c'est une pièce-penderie ; en anglais, dressing est une sauce ou un pansement. Dites a walk-in closet.
- un lifting, c'est une chirurgie du visage ; en anglais, lifting veut dire soulever quelque chose. Dites a facelift.
- un baby-foot, c'est le football de table ; l'anglais dit table football, ou foosball en Amérique du Nord.
- un flipper, c'est une machine de jeu ; en anglais, flipper est une nageoire ou une palette plate. Dites a pinball machine.
- des baskets, ce sont des chaussures de sport ; en anglais, basket est un panier. Dites trainers en Grande-Bretagne, sneakers en Amérique du Nord.
- un slip, c'est un sous-vêtement ; en anglais, slip désigne une combinaison légère portée sous une robe. Dites underwear, ou briefs.
- un talkie-walkie inverse l'anglais, qui dit walkie-talkie.
- un tennisman et un rugbyman n'existent pas en anglais ; dites a tennis player et a rugby player.
- le shampooing, c'est shampoo, avec une orthographe que l'anglais n'emploie jamais.
- un playback, c'est chanter en synchronisation ; en anglais, playback désigne la relecture d'un enregistrement. Dites lip-syncing.
- un travelling, c'est un mouvement de caméra au cinéma ; en anglais, travelling veut dire se déplacer. Dites a tracking shot.
- les people, ce sont les célébrités ; en anglais, people veut simplement dire les gens. Dites celebrities.
- un zapping, c'est passer sans arrêt d'une chaîne à l'autre ; en anglais, zapping ne veut pas dire cela. Dites channel-hopping.
- faire un forcing n'a strictement aucun équivalent anglais ; dites to push hard, ou to pile on the pressure.
- un after, c'est une soirée qui prolonge la soirée ; dites an after-party.
Trois d'entre eux vont réellement induire en erreur, et pas seulement embrouiller. Un slip veut dire tout autre chose en anglais. Un smoking sera entendu comme l'action de fumer. Et le pressing, dans une phrase qui parle de vêtements, ne passera pas du tout. Retirez ces trois-là de votre anglais, définitivement.
Cela recoupe l'ensemble plus large des faux amis franco-anglais, où un mot existe dans les deux langues avec des sens différents : actuellement et actually, éventuellement et eventually, sensible et sensible, librairie et library. C'est un sujet à part, qui a son propre guide.
Tip: Testez n'importe quel mot d'allure anglaise appris en français : cherchez-le entre guillemets, accompagné d'un mot anglais courant. Si la quasi-totalité des résultats sont des sites francophones, le mot est français.
6Les expressions françaises que l'anglais n'a tout simplement pas
Certaines expressions françaises n'ont aucun équivalent anglais. Il n'y a rien à traduire ; il y a seulement ce que l'anglais fait à la place, et parfois il ne fait rien.
- bon courage, adressé à quelqu'un qui affronte une tâche difficile ou pénible, n'a pas d'équivalent anglais. L'anglais dit good luck, ce qui n'est pas tout à fait cela, ou ne dit rien du tout.
- bonne continuation, dit à quelqu'un que l'on quitte en cours de projet, n'a strictement aucune version anglaise. L'anglais dit all the best, ou good luck with it.
- bon appétit manque à ce point à l'anglais que les anglophones emploient tout simplement le français, ou ne disent rien et commencent à manger.
- l'esprit de l'escalier, la réplique parfaite qui vous vient en descendant l'escalier, a été emprunté par l'anglais mais n'y est presque jamais employé. Expliquez-le plutôt que de le dégainer.
- râler, se plaindre par habitude et avec un certain plaisir, n'a pas de verbe anglais. To moan est ce qui s'en approche le plus, et c'est plus faible.
- flâner, marcher sans but et avec plaisir, exige une périphrase en anglais : to stroll, ou to wander around.
- dépaysement, l'agréable désorientation d'être en terrain inconnu, n'a aucun nom anglais.
- retrouvailles, la joie de se revoir, n'en a pas davantage ; l'anglais dit a reunion, qui décrit l'événement et non le sentiment.
- si, le oui qui contredit une phrase négative, n'a pas d'équivalent anglais ; l'anglais répète le verbe à la place, comme dans yes it is ou yes I did.
- bof, le haussement d'épaules parlé, devient a shrug, ou meh, qui est familier et américain.
- voilà a été emprunté par l'anglais, mais s'y emploie de façon plus étroite, surtout pour présenter quelque chose d'achevé.
- enfin, comme mot de remplissage, n'a pas d'équivalent anglais unique ; selon la phrase, il devient well, anyway ou I mean.
Le schéma mérite d'être remarqué. Le français fabrique des mots uniques pour des moments sociaux et des sentiments précis, là où l'anglais fabrique des périphrases, ou ne dit rien. La traduction d'un nom français compact est donc rarement un nom anglais compact : c'est une courte phrase anglaise, ou le silence.
Tip: Quand vous ne trouvez pas le mot anglais, décrivez la situation dans la phrase la plus simple possible. Les anglophones font exactement la même chose ; ce n'est pas un échec, c'est ainsi que la langue fonctionne.
7Les idiomes anglais sans équivalent français
Le sens inverse. Ceux-ci reviennent sans arrêt en anglais et il n'existe aucun idiome français auquel les accrocher : il faut donc les apprendre comme du vocabulaire ordinaire.
- to touch base veut dire prendre brièvement contact pour faire le point
- to circle back veut dire revenir sur un sujet plus tard
- a ballpark figure veut dire une estimation approximative
- to move the needle veut dire produire une différence réellement mesurable
- out of left field veut dire totalement inattendu
- to knock it out of the park veut dire réussir quelque chose de façon exceptionnelle
- to throw someone under the bus veut dire accuser un collègue pour se protéger soi-même
- to have skin in the game veut dire avoir quelque chose de personnel en jeu
- a rain check veut dire reporter une invitation à une autre fois
- to be in the weeds veut dire être perdu dans les détails, ou submergé
- low-hanging fruit désigne les gains les plus faciles à aller chercher
- to hit the ground running veut dire être productif dès le premier jour
- to ring a bell veut dire évoquer vaguement quelque chose de connu
- to bite off more than you can chew veut dire voir trop grand, en prendre trop
- to play devil's advocate veut dire défendre une position que l'on ne partage pas, pour la mettre à l'épreuve
- to look forward to something n'a pas d'équivalent net en français ; se réjouir de s'en approche, mais reste plus affectif
- to miss someone s'inverse en français, puisque tu me manques signifie littéralement you are missing to me : anglophones et francophones placent donc le sujet à des places opposées
Plusieurs viennent du baseball et du football américain, ce qui explique qu'ils résistent à la traduction : out of left field, a ballpark figure, to knock it out of the park et to touch base sortent tous du baseball. Le savoir ne vous aide pas à les employer, mais explique pourquoi ils paraissent arbitraires.
Tip: Ils se concentrent dans les réunions et les e-mails, c'est-à-dire exactement là où l'anglais d'un francophone est jugé. Si vous travaillez en anglais, c'est la liste la plus rentable de tout ce guide.
8Filer à l'anglaise, et ce que les deux langues se reprochent mutuellement
Une section courte, parce qu'elle est vraiment utile et parce qu'elle résume tout le problème en une seule image.
Le français dit filer à l'anglaise : partir sans dire au revoir, à la manière des Anglais. L'anglais dit to take French leave, exactement la même chose, mais à la manière des Français. Deux langues, un seul comportement, et chacune l'attribue à l'autre. Traduisez l'une ou l'autre littéralement et vous direz l'inverse de ce que vous vouliez dire, parce que vous nommerez la mauvaise nationalité.
- le français dit c'est du chinois pour ce qui est incompréhensible ; l'anglais dit it is all Greek to me
- le français dit une histoire belge pour une blague idiote ; l'anglais n'a pas d'équivalent et dit a corny joke
- le français dit un coq-à-l'âne pour un changement de sujet brutal ; l'anglais dit a non sequitur, qui est du latin et non une nationalité
- le français dit la douche écossaise pour ce qui alterne le chaud et le froid ; l'anglais dit a rollercoaster, sans aucune nationalité
La leçon dépasse largement ces quatre cas. Les idiomes transportent une attribution culturelle qui ne survit pas à la traduction, et cette attribution est très souvent précisément l'élément qu'il faut abandonner. Quand un idiome nomme une nationalité, un animal ou un aliment, partez du principe que l'autre langue a choisi autre chose.
Tip: Face à un idiome contenant un nom propre, n'essayez pas de le traduire. Cherchez plutôt l'expression anglaise qui correspond à la situation, car le nom propre est justement l'élément qui aura changé.
9Registre : formalité, e-mails et ce qui passe au travail
Connaître un idiome et savoir où l'employer sont deux compétences distinctes, et pour les francophones le problème du registre est plus grand que celui des idiomes, parce que le français et l'anglais ne placent pas la politesse au même endroit.
L'e-mail professionnel français se ferme sur des formules dont l'anglais n'a aucun équivalent en poids : « Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées » est parfaitement normal en français et n'a d'équivalent anglais à aucun niveau. Le traduire produit quelque chose d'absurde. Best regards est la clôture neutre en anglais, Kind regards est un peu plus chaleureux, et Best tout seul est normal, pas sec. Cordialement correspond à Best regards.
L'e-mail français commence par Bonjour et souvent par une adresse formelle avant toute chose. L'anglais commence par Hi Sarah et arrive à la demande dès la première ou la deuxième ligne, sans que cela passe pour brutal. Aller droit au but en anglais est une forme de politesse, pas de grossièreté, parce que cela respecte le temps du lecteur.
To touch base, to follow up, to be on the same page, the tip of the iceberg, to read between the lines, low-hanging fruit et to have your hands full sont neutres. Vous pouvez les employer dans un e-mail adressé à un client.
A piece of cake, to be over the moon, under the weather, to spill the beans, once in a blue moon et to ring a bell relèvent de la conversation. Ils ne sont pas impolis, mais ils donnent à un rapport ou à une candidature un ton désinvolte.
Les examinateurs valorisent la richesse idiomatique, mais sanctionnent un idiome légèrement mal employé bien plus qu'ils ne récompensent un idiome juste. Employez-en deux ou trois dont vous êtes absolument sûr et dites le reste simplement. Un to be on the same page bien placé rapporte davantage que quatre idiomes entassés dans une même réponse.
Tip: Le réglage de registre le plus utile pour un francophone qui écrit en anglais : réduire la formule de clôture à deux mots et déplacer la politesse dans la demande elle-même, avec could you et would you mind.
10Le comportement grammatical des idiomes
Les idiomes sont figés là où les expressions ordinaires ne le sont pas. Le français tolère beaucoup de variation dans le choix entre quasi-synonymes ; les idiomes anglais n'en tolèrent aucune.
C'est to spill the beans, jamais to spill the peas. To hit the nail on the head, jamais to strike the nail on the head. Les idiomes sont stockés d'un bloc, et changer un seul mot casse l'expression, même quand le remplaçant veut dire exactement la même chose.
Les idiomes anglais n'autorisent aucune inversion pour la mise en relief. Out of the bag the cat let n'est pas une variante stylistique : c'est cassé.
Le verbe prend le temps et la personne, et rien d'autre ne bouge. He spilled the beans, she is spilling the beans, they had spilled the beans. Les beans ne passent jamais au singulier et ne prennent jamais d'adjectif.
On dit a piece of cake, pas piece of cake. On dit the tip of the iceberg, pas tip of an iceberg. Le français emploie les articles plus librement que l'anglais, ce qui fait de cette faute une erreur fréquente et très audible dans les deux sens.
L'anglais dit to depend on, pas depend of, et to be married to, pas married with. À l'intérieur d'un idiome, la règle est absolue : to be on the same page, jamais in the same page. Apprenez la préposition avec l'expression, jamais séparément.
Conséquence pratique : apprenez chaque idiome sous forme de phrase complète, avec un sujet et un temps, et non comme une entrée de liste. Une liste vous donne les mots ; une phrase vous donne la forme.
Tip: Écrivez chaque nouvel idiome à la première personne et au passé : I bit the bullet and told her. C'est la forme la plus proche de celle dont vous aurez réellement besoin.
11Douze phrases à corriger
Chacune contient une erreur tirée de ce guide. Essayez de la trouver avant de lire la correction.
- Sorry, I have a cat in my throat this morning. Correction : Sorry, I have a frog in my throat this morning.
- I am not really in my plate today. Correction : I am a bit under the weather today.
- That laptop costs the eyes of the head. Correction : That laptop costs an arm and a leg.
- I go to the gym for a footing twice a week. Correction : I go to the gym for a run twice a week. Footing n'est pas un mot anglais.
- She was completely aux anges after the interview. Correction : She was over the moon after the interview.
- We see each other once every thirty-six of the month. Correction : We see each other once in a blue moon.
- Sorry, I have other cats to whip this afternoon. Correction : Sorry, I have other fish to fry this afternoon.
- He will finish it when hens have teeth. Correction : He will finish it when pigs fly.
- It depends of the client's decision. Correction : It depends on the client's decision.
- I dropped my smoking at the pressing yesterday. Correction : I dropped my dinner jacket at the dry cleaner's yesterday.
- It was piece of cake for the whole team. Correction : It was a piece of cake for the whole team. L'article fait partie de l'idiome.
- I am looking forward to hear from you. Correction : I am looking forward to hearing from you.
Tip: Si plus de quatre vous ont piégé, relisez la section trois plutôt que la section quatre. C'est dans la section trois que vivent les erreurs ; la section quatre n'est qu'une référence.
12Apprendre les idiomes pour qu'ils restent
Les listes d'idiomes ont le pire taux de rétention de tout l'apprentissage des langues, parce qu'un idiome hors contexte n'est qu'une phrase étrange. Voici ce qui fonctionne réellement.
Un idiome porte un ton. To be fair, to be honest, at the end of the day et long story short annoncent tous quelque chose sur ce qui va suivre, et cela ne s'entend que dans la parole. Rencontrer un idiome dans une liste vous donne le sens et aucun de ces signaux : c'est pourquoi on peut connaître parfaitement un idiome et ne jamais l'employer.
Chaque nouvel idiome donne lieu à trois phrases à vous, sur votre propre vie, dites à voix haute plutôt qu'écrites. La bouche apprend les expressions figées plus vite que l'œil, et les idiomes sont par définition des expressions figées.
- Écoutez quinze minutes d'anglais authentique avec des sous-titres que vous pouvez lire
- Arrêtez-vous sur toute expression dont le sens ne se déduit pas de ses mots, ce qui est la définition même d'un idiome
- Vérifiez si le français a la même image, une autre image, ou rien du tout
- Si le français a une autre image, notez les deux côte à côte : c'est de cette paire que viendra votre erreur
- Dites la version anglaise à voix haute dans trois phrases à vous
- Ne la révisez pas le jour même ; révisez-la deux jours plus tard, quand vous l'aurez à moitié oubliée
- Une fois par semaine, relisez uniquement les paires à images différentes et sautez celles qui se transposent
À ce rythme, comptez dix à quinze idiomes utilisables par mois, ce qui suffit à changer votre façon de parler en un trimestre. En viser cent d'un coup à partir d'une liste vous en donne cent que vous reconnaissez et aucun que vous employez.
Tip: Les podcasts et les entretiens valent mieux que les films pour cela, parce que c'est dans la parole non scénarisée que les idiomes se concentrent. Une fiction écrite emploie des phrases soignées ; deux personnes qui discutent emploient des idiomes toutes les trois lignes sans y penser.
Questions fréquentes
Oui, et un avantage considérable. Le français normand a fourni environ un tiers du vocabulaire anglais après 1066, et une bonne partie du matériel proverbial a suivi : c'est pourquoi briser la glace, lire entre les lignes et une goutte d'eau dans la mer se transposent exactement. Le piège, c'est que cet avantage vous fait cesser de vérifier, et que les idiomes qui se transposent presque sont précisément là où sont les erreurs.
Les prépositions avant les idiomes. Depend of, married with, discuss about et in the same page sont tous des calques directs du français, et un examinateur qui note la correction les entend tous. Ensuite, l'article manquant à l'intérieur des expressions figées, comme piece of cake pour a piece of cake. Le choix des idiomes vous coûte moins de points que l'un ou l'autre, puisqu'un examinateur devine en général ce que vous vouliez dire.
La plupart ne feront qu'embrouiller. Un footing, un brushing et un relooking vous vaudront un regard vide et une demande d'explication. Deux sont pires : un slip veut dire quelque chose de précis et de tout à fait différent en anglais, et un smoking sera entendu comme l'activité plutôt que comme le vêtement. Ces deux-là méritent d'être supprimés délibérément, plutôt que confiés au contexte.
Quelques-uns, neutres, et seulement lorsqu'ils sont plus courts que la version simple. To follow up, to touch base et to be on the same page passent tous très bien à l'écrit. Les conversationnels, comme a piece of cake ou over the moon, restent à l'oral. Et gardez une clôture de deux mots : Best regards fait à lui seul le travail de toute la formule française.
Comprenez les deux et produisez celui qui correspond à votre objectif. Les contacts professionnels francophones penchent vers le britannique et l'européen : to beat about the bush, green fingers et to put your foot in it conviendront à la plupart des gens ; pour l'Amérique du Nord, les équivalents sont to beat around the bush, a green thumb et to put your foot in your mouth. Les mélanger n'est pas une faute, et presque personne ne le remarque.
Un adulte natif en reconnaît plusieurs milliers et en emploie quelques centaines régulièrement. Vous n'avez pas besoin d'en approcher. Environ trois cents idiomes compris couvrent presque tout ce que vous rencontrerez dans les podcasts, les réunions et à la télévision, et une trentaine produits avec assurance suffit pour que votre anglais cesse de sonner comme une traduction.
Entendez ces idiomes dans de vraies conversations
Les mots de cette page sont dans des paquets FlexiLingo gratuits, avec sens, exemples et prononciation — la répétition espacée les ramène juste avant que tu les oublies.