
Il fait frette
Le premier hiver arrive à Montréal. Lina a acheté un joli manteau, mais pas assez chaud. Elle découvre ce que « il fait frette » veut vraiment dire.
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En octobre, Lina a acheté un manteau. Il était très joli : gris, long, élégant, avec de grands boutons noirs. Elle l'a trouvé dans une boutique de la rue Saint-Denis, en solde.
« Il est chaud ? a demandé Lina à la vendeuse.
— Pour l'automne, oui, très chaud », a dit la vendeuse.
Lina n'a pas entendu le mot « automne ».
En novembre, il a commencé à faire froid. Le matin, il faisait zéro degré, puis moins deux, puis moins cinq. Lina portait son joli manteau gris avec une écharpe. Elle avait un peu froid aux mains, mais ça allait.
Madame Tremblay, la voisine, a regardé le manteau un matin.
« Il est beau, votre manteau, ma belle. Mais pour l'hiver, il vous faut un vrai manteau.
— C'est un vrai manteau, a dit Lina.
— Non, non. Un vrai manteau d'hiver. Avec du duvet. Et un capuchon. »
Lina a souri poliment. Elle a pensé : Madame Tremblay exagère.
Le 12 décembre, Lina s'est levée à sept heures. Elle a regardé par la fenêtre. Tout était blanc. La rue, les voitures, les arbres, les escaliers. Il y avait trente centimètres de neige. Et la radio a dit : « Ce matin, il fait moins vingt-deux degrés. Avec le vent, on ressent moins trente-deux. »
Lina a mis son manteau gris, son écharpe, ses gants et ses bottes de pluie. Elle est sortie.





