En une ligne
yremplace tout ce qu'introduità, etentout ce qu'introduitdeou une quantité.
Le tableau
| Pronom | Remplace | Exemple |
|---|---|---|
y /i/ | à /a/ + une chose | Je pense à mon travail /ʒə pɑ̃s a mɔ̃ tʁa.vaj/ → J'y pense. /ʒi pɑ̃s/ |
y /i/ | un lieu | Je vais à Paris /ʒə vɛ.z‿a pa.ʁi/ → J'y vais. /ʒi vɛ/ |
en /ɑ̃/ | de /də/ + une chose | Je parle de ce film /ʒə paʁl də sə film/ → J'en parle. /ʒɑ̃ paʁl/ |
en /ɑ̃/ | une quantité | J'ai deux frères /ʒe dø fʁɛʁ/ → J'en ai deux. /ʒɑ̃.n‿e dø/ |
en /ɑ̃/ | du /dy//de la /də la//des /de/ | Je bois du café /ʒə bwa dy ka.fe/ → J'en bois. /ʒɑ̃ bwa/ |
en /ɑ̃/ | l'origine | Je viens de Lyon /ʒə vjɛ̃ də ljɔ̃/ → J'en viens. /ʒɑ̃ vjɛ̃/ |
Comme tous les autres pronoms, ils se placent devant le verbe.
Beaucoup de langues n'ont rien de comparable, et c'est pourquoi les apprenants les oublient. Elles répètent le nom ou suppriment tout le groupe. Le français ne fait ni l'un ni l'autre : il met
youen, et les garde.J'en ai troisn'a rien de facultatif ;J'ai troisn'est pas une phrase.
y — deux emplois
1. Remplacer un lieu
Après n'importe quelle préposition de lieu, pas seulement à :
Je vais à la banque. /ʒə vɛ.z‿a la bɑ̃k/ | J'y vais. /ʒi vɛ/ |
Il habite en France. /il a.bi.t‿ɑ̃ fʁɑ̃s/ | Il y habite. /il i a.bit/ |
Le livre est sur la table. /lə li.vʁ‿ɛ syʁ la tabl/ | Le livre y est. /lə livʁ i ɛ/ |
Je travaille dans ce bureau. /ʒə tʁa.vaj dɑ̃ sə by.ʁo/ | J'y travaille. /ʒi tʁa.vaj/ |
2. Remplacer à + une chose (pas une personne)
Je pense à mes examens. /ʒə pɑ̃s a me.z‿ɛɡ.za.mɛ̃/ | J'y pense. /ʒi pɑ̃s/ |
Je réponds à la question. /ʒə ʁe.pɔ̃ a la kɛs.tjɔ̃/ | J'y réponds. /ʒi ʁe.pɔ̃/ |
Il s'intéresse à la musique. /il sɛ̃.te.ʁɛs a la my.zik/ | Il s'y intéresse. /il si ɛ̃.te.ʁɛs/ |
La frontière entre
yetlui: si ce qui suitàest une personne →lui/leur. Si c'est une chose →y.
Je pense à Marie→Je pense à elle·Je pense à mon travail→J'y pense
en — trois emplois
1. Remplacer de + une chose
Je parle de ce problème. /ʒə paʁl də sə pʁɔ.blɛm/ | J'en parle. /ʒɑ̃ paʁl/ |
J'ai besoin d'aide. /ʒe bə.zwɛ̃ dɛd/ | J'en ai besoin. /ʒɑ̃.n‿e bə.zwɛ̃/ |
Il est content de son travail. /il ɛ kɔ̃.tɑ̃ də sɔ̃ tʁa.vaj/ | Il en est content. /il ɑ̃.n‿ɛ kɔ̃.tɑ̃/ |
2. Remplacer un nom indénombrable ou indéfini
Je bois du café. /ʒə bwa dy ka.fe/ | J'en bois. /ʒɑ̃ bwa/ |
Elle mange de la salade. /ɛl mɑ̃ʒ də la sa.lad/ | Elle en mange. /ɛl ɑ̃ mɑ̃ʒ/ |
J'achète des pommes. /ʒa.ʃɛt de pɔm/ | J'en achète. /ʒɑ̃.n‿a.ʃɛt/ |
3. Avec une quantité — et la quantité reste
C'est le point important : quand la phrase contient un nombre ou une quantité, en apparaît et le nombre est répété :
J'ai trois frères. /ʒe tʁwa fʁɛʁ/ | J'en ai trois. /ʒɑ̃.n‿e tʁwa/ |
Je veux un café. /ʒə vø.z‿œ̃ ka.fe/ | J'en veux un. /ʒɑ̃ vø.z‿œ̃/ |
Il a beaucoup d'amis. /il a bo.ku da.mi/ | Il en a beaucoup. /i.l‿ɑ̃.n‿a bo.ku/ |
Elle achète un kilo de riz. /ɛl a.ʃɛ.t‿œ̃ ki.lo də ʁi/ | Elle en achète un kilo. /ɛl ɑ̃.n‿a.ʃɛ.t‿œ̃ ki.lo/ |
Beaucoup d'apprenants gardent le nombre et suppriment tout le reste — « Combien de frères ? — J'ai trois. » Le français garde les deux :
J'en ai trois.J'en aitout seul veut dire « j'en ai une certaine quantité » ; seulJ'en ai troisdonne le nombre. Voyezencomme le « de ces choses-là » qui ne disparaît jamais.
À la forme négative
| Forme affirmative | Forme négative |
|---|---|
J'en ai un. /ʒɑ̃.n‿e œ̃/ | Je n'en ai pas. /ʒə nɑ̃.n‿e pa/ — le nombre disparaît |
J'y vais. /ʒi vɛ/ | Je n'y vais pas. /ʒə ni vɛ pa/ |
Au passé et avec deux verbes
| Prononciation | ||
|---|---|---|
| passé | J'y suis allé. J'en ai pris. | /ʒi sɥi.z‿a.le/ · /ʒɑ̃.n‿e pʁi/ |
| deux verbes | Je vais y aller. Je veux en acheter. | /ʒə vɛ.z‿i a.le/ · /ʒə vø.z‿ɑ̃.n‿aʃ.te/ |
| impératif affirmatif | Vas-y ! Prends-en ! | /va.zi/ · /pʁɑ̃.z‿ɑ̃/ |
| impératif négatif | N'y va pas ! N'en prends pas ! | /ni va pa/ · /nɑ̃ pʁɑ̃ pa/ |
Le
sdeVas-y: l'impératif deallerest normalementVa, mais devantyetenil prend unspour permettre la liaison —Vas-y/va.zi/. De même pour les verbes en-er:Manges-en !
Exemples
| Français | Prononciation | Sens |
|---|---|---|
J'y vais. | /ʒi vɛ/ | je vais à cet endroit |
J'y pense. | /ʒi pɑ̃s/ | cette chose occupe mes pensées |
J'en parle. | /ʒɑ̃ paʁl/ | je parle de ce sujet |
J'en ai deux. | /ʒɑ̃.n‿e dø/ | le nombre est répété avec en |
Je n'en ai pas. | /ʒə nɑ̃.n‿e pa/ | je n'en ai aucun |
J'en ai besoin. | /ʒɑ̃.n‿e bə.zwɛ̃/ | cette chose m'est nécessaire |
Vas-y ! | /va.zi/ | allez, commence ! |
Prends-en ! | /pʁɑ̃.z‿ɑ̃/ | sers-toi, prends-en un peu |
Il en a beaucoup. | /i.l‿ɑ̃.n‿a bo.ku/ | il en a une grande quantité |
J'y suis allé. | /ʒi sɥi.z‿a.le/ | je suis allé à cet endroit |
Erreurs fréquentes
| ❌ | ✅ | Pourquoi |
|---|---|---|
J'en ai. pour dire « j'en ai trois » | J'en ai trois. | La quantité se répète avec en |
Je y vais. | J'y vais. | je s'élide devant y |
J'y pense pour une personne | Je pense à lui. | y ne s'emploie pas pour les personnes |
Va-y ! | Vas-y ! | Ce s est là pour la liaison |
Je en veux. | J'en veux. | L'élision est obligatoire |
Pourquoi deux mots si petits font autant de travail
tous deux étaient des adverbes de lieu
y vient du latin ibi, « là », et en de inde, « de là ». Ils formaient donc une paire symétrique : l'un pour la destination, l'autre pour l'origine.
Puis ils se sont étendus à tout ce qu'introduit la préposition correspondante — car à marque aussi bien une destination concrète qu'une destination abstraite (penser à), et de aussi bien une origine concrète qu'un sujet (parler de).
L'italien a exactement les deux mêmes : ci et ne. L'espagnol les a perdus, et doit désormais répéter tout le complément prépositionnel.
Beaucoup d'autres langues les ont perdus aussi, et remplacent ces pronoms par un groupe entier (« de cela », « là-bas ») — ou les suppriment. Le français, lui, les a gardés bien vivants.
Le point pratique : si vous hésitez entre y et en, regardez la préposition qu'exige le verbe, pas le sens. penser à → y · parler de → en. C'est tout.