En une ligne
Quand un pronom suit une préposition, reste seul ou porte l'insistance, il faut la forme tonique — parce que
jeetmene peuvent pas rester seuls.
Les formes de cette page
| Forme | Sens | Prononciation |
|---|---|---|
toi | la forme de « tu » qui peut rester seule | /twa/ |
lui | l'homme dont on parle — et c'est aussi le pronom COI | /lɥi/ |
elle | la femme dont on parle — forme sujet et forme tonique identiques | /ɛl/ |
Le tableau
| Personne | Sujet | Tonique |
|---|---|---|
| 1re du singulier | je /ʒə/ | moi /mwa/ |
| 2e du singulier | tu /ty/ | toi /twa/ |
| 3e, masculin | il /il/ | lui /lɥi/ |
| 3e, féminin | elle /ɛl/ | elle /ɛl/ |
| indéfini | on /ɔ̃/ | soi /swa/ |
| 1re du pluriel | nous /nu/ | nous /nu/ |
| 2e du pluriel | vous /vu/ | vous /vu/ |
| 3e du pluriel, masculin | ils /il/ | eux /ø/ |
| 3e du pluriel, féminin | elles /ɛl/ | elles /ɛl/ |
Quatre formes seulement sont vraiment nouvelles : moi toi lui eux. Les autres sont identiques aux pronoms sujets.
C'est moietplus grand que moisont tout simplement corrects — il n'existe aucune variante « plus soutenue » à apprendre. Le pronom tonique est la seule forme possible dans ces positions.
luia deux rôles, et c'est déroutant : c'est à la fois le pronom COI (Je lui parle= je parle à cet homme ou à cette femme) et la forme tonique masculine (avec lui= en compagnie de cet homme). Sa place dans la phrase indique de quel rôle il s'agit.
Où il est obligatoire — six cas
| Situation | Exemple | Prononciation |
|---|---|---|
| après une préposition | avec moi chez eux pour elle sans toi | /a.vɛk mwa/ · /ʃe.z‿ø/ · /puʁ ɛl/ · /sɑ̃ twa/ |
| seul, sans verbe | — Qui vient ? — Moi ! | /ki vjɛ̃/ · /mwa/ |
après c'est | C'est lui. C'est nous. | /sɛ lɥi/ · /sɛ nu/ |
| dans une comparaison | Il est plus grand que moi. | /i.l‿ɛ ply ɡʁɑ̃ kə mwa/ |
| pour insister | Moi, je pense que… | /mwa ʒə pɑ̃s kə/ |
| à l'impératif affirmatif | Regarde-moi ! Donne-le-lui ! | /ʁə.ɡaʁd.mwa/ · /dɔn.lə.lɥi/ |
Et deux emplois moins fréquents
| Prononciation | ||
|---|---|---|
| deux sujets ensemble | Toi et moi, nous partons. | /twa e mwa nu paʁ.tɔ̃/ |
avec -même | Je le fais moi-même. — sans l'aide de personne | /ʒə lə fɛ mwa.mɛm/ |
Moi, je pense que…mérite une remarque à part. Le français ne peut pas accentuer un pronom sujet —jeest trop faible pour porter l'insistance. Il place donc la forme tonique en tête et reprend le sujet :Moi, je pense…,Lui, il ne sait pas,Nous, on part demain. Beaucoup de langues obtiennent cet effet avec la voix seule ; le français, lui, passe par ce redoublement. Il est partout à l'oral, et l'employer est l'un des moyens les plus rapides de parler moins « comme un manuel ».
soi — le pronom réservé au sujet indéfini
Quand le sujet est on, chacun, tout le monde ou un infinitif :
| Prononciation | ||
|---|---|---|
Chacun pour soi. | chacun ne pense qu'à lui-même | /ʃa.kœ̃ puʁ swa/ |
Il faut avoir confiance en soi. | il faut croire en ses propres capacités | /il fo.t‿a.vwaʁ kɔ̃.fjɑ̃s ɑ̃ swa/ |
On rentre chez soi. | chacun retourne dans sa maison | /ɔ̃ ʁɑ̃tʁ ʃe swa/ |
Avec un sujet précis, soi est faux : Il rentre chez lui, et non chez soi
Exemples
| Français | Prononciation | Sens |
|---|---|---|
Viens avec moi. | /vjɛ̃.z‿a.vɛk mwa/ | après la préposition avec |
C'est chez eux. | /sɛ ʃe.z‿ø/ | dans leur maison |
Qui ? Moi ! | /ki mwa/ | le pronom seul, sans verbe |
C'est lui. | /sɛ lɥi/ | on désigne la personne |
Il est plus grand que moi. | /i.l‿ɛ ply ɡʁɑ̃ kə mwa/ | une comparaison |
Moi, je ne pense pas ça. | /mwa ʒə nə pɑ̃s pa sa/ | mon avis s'oppose à celui des autres |
Je ne pars pas sans toi. | /ʒə nə paʁ pa sɑ̃ twa/ | tu dois venir aussi |
Je l'ai fait moi-même. | /ʒə le fɛ mwa mɛm/ | personne ne m'a aidé |
Toi et moi. | /twa e mwa/ | nous deux |
Je pense à elle. | /ʒə pɑ̃s a ɛl/ | elle est dans mes pensées |
Erreurs fréquentes
| ❌ | ✅ | Pourquoi |
|---|---|---|
avec je | avec moi | La forme tonique après une préposition |
C'est je. | C'est moi. | De même après c'est |
plus grand que je | plus grand que moi | De même dans une comparaison |
Qui vient ? — Je. | — Moi. | Un pronom sujet ne peut pas rester seul |
Il rentre chez soi. | Il rentre chez lui. | soi seulement avec un sujet indéfini |
Regarde-me ! | Regarde-moi ! | L'impératif affirmatif prend la forme tonique |
Pourquoi le français a deux séries de pronoms
une série s'est collée au verbe, l'autre est restée libre
Le latin n'avait qu'une série et l'employait partout où il en avait besoin.
En français, les pronoms sujets et compléments se sont collés au verbe et ont perdu leur accent — je n'est plus qu'une syllabe neutre, /ʒə/, qui se réduit à /ʒ/ à l'oral. Un mot sans accent ne peut ni rester seul ni porter l'insistance.
La langue a donc dû garder une deuxième série capable de recevoir l'accent : moi /mwa/ — une syllabe pleine et longue.
On l'entend très bien : dans je pense, le pronom disparaît presque à l'oral, alors que dans C'est moi ou — Qui est là ? — Moi, le pronom est une syllabe entière et accentuée. Un pronom faible ne peut pas porter l'accent ; le français a simplement tracé la frontière très nettement entre les deux séries.
Un test rapide : si vous pouvez dire le pronom fort, tout seul, en insistant, il faut la forme tonique.