En une ligne
Si le verbe principal est au passé, chaque verbe de la subordonnée recule d'un temps.
Le tableau
| Verbe principal au présent | Verbe principal au passé |
|---|---|
présent — il est /il ɛ/ | imparfait — il était /il e.tɛ/ |
passé composé — il est venu /il ɛ və.ny/ | plus-que-parfait — il était venu /il e.tɛ və.ny/ |
futur — il viendra /il vjɛ̃.dʁa/ | conditionnel présent — il viendrait /il vjɛ̃.dʁɛ/ |
futur antérieur — il aura fini /il o.ʁa fi.ni/ | conditionnel passé — il aurait fini /il o.ʁɛ fi.ni/ |
imparfait — il était /il e.tɛ/ | inchangé |
plus-que-parfait — il était venu /il e.tɛ və.ny/ | inchangé |
subjonctif présent — qu'il vienne /kil vjɛn/ | inchangé |
Les trois dernières lignes ne peuvent pas reculer davantage — l'imparfait et le plus-que-parfait sont déjà au plus loin, et le subjonctif présent n'a plus de forme passée vivante en français moderne.
Retenez les quatre paires : présent → imparfait, passé composé → plus-que-parfait, futur → conditionnel présent, futur antérieur → conditionnel passé.
En pratique
| Verbe principal au présent | Verbe principal au passé |
|---|---|
Il dit qu'il est malade. /il di kil ɛ ma.lad/ | Il a dit qu'il était malade. /i.l‿a di ki.l‿e.tɛ ma.lad/ |
Il dit qu'il est venu. /il di kil ɛ və.ny/ | Il a dit qu'il était venu. /i.l‿a di ki.l‿e.tɛ və.ny/ |
Il dit qu'il viendra. /il di kil vjɛ̃.dʁa/ | Il a dit qu'il viendrait. /i.l‿a di kil vjɛ̃.dʁɛ/ |
Il dit qu'il aura fini. /il di kil o.ʁa fi.ni/ | Il a dit qu'il aurait fini. /il a di kil o.ʁɛ fi.ni/ |
Trois cas qui ressemblent à des exceptions
1. Une vérité permanente — pas de changement
Si l'affirmation est toujours vraie, on peut garder le présent :
| Prononciation | ||
|---|---|---|
Il a dit que la Terre est ronde. | un fait scientifique — reste au présent | /i.l‿a di kə la tɛ.ʁ‿ɛ ʁɔ̃d/ |
Il a dit qu'il habitait à Paris. | sa situation à ce moment-là — recule | /il a di kil a.bi.tɛ.t‿a pa.ʁi/ |
Les deux formes sont correctes ; la première est plus naturelle.
Le critère est simple : la phrase est-elle vraie quel que soit le moment ? Si oui, le présent reste possible.
2. Le subjonctif ne recule pas
En français moderne, le subjonctif présent reste, même après un verbe principal au passé :
Je voulais qu'il vienne. /ʒə vu.lɛ kil vjɛn/ | et non qu'il vînt /kil vɛ̃/ |
J'étais content qu'il soit là. /ʒe.tɛ kɔ̃.tɑ̃ kil swa la/ | et non qu'il fût /kil fy/ |
Les anciennes formes (vînt, fût) ont disparu de l'usage courant. Voir subjonctif-passe.
3. si recule aussi
| Au discours indirect | Ce qui a reculé |
|---|---|
Il dit que s'il pouvait, il viendrait. /il di kə sil pu.vɛ il vjɛ̃.dʁɛ/ | si /si/ + imparfait → conditionnel présent |
Il a dit que s'il avait pu, il serait venu. /il a di kə sil a.vɛ py il sə.ʁɛ və.ny/ | si /si/ + plus-que-parfait → conditionnel passé |
Les indicateurs de temps changent aussi
Au discours indirect passé, les expressions de temps se déplacent elles aussi :
| Discours direct | Discours indirect |
|---|---|
aujourd'hui /o.ʒuʁ.dɥi/ | ce jour-là /sə ʒuʁ.la/ |
hier /jɛʁ/ | la veille /la vɛj/ |
demain /də.mɛ̃/ | le lendemain /lə lɑ̃d.mɛ̃/ |
maintenant /mɛ̃t.nɑ̃/ | alors /a.lɔʁ/ à ce moment-là /a sə mo.mɑ̃.la/ |
la semaine prochaine /la sə.mɛn pʁo.ʃɛn/ | la semaine suivante /la sə.mɛn sɥi.vɑ̃t/ |
la semaine dernière /la sə.mɛn dɛʁ.njɛʁ/ | la semaine précédente /la sə.mɛn pʁe.se.dɑ̃t/ |
ici /i.si/ | là /la/ |
ce matin /sə ma.tɛ̃/ | ce matin-là /sə ma.tɛ̃.la/ |
Il a dit : « Je pars demain. »→Il a dit qu'il partait le lendemain.La logique est toujours la même : le repère n'est plus « maintenant », mais le moment où la personne a parlé.
Et les pronoms aussi
| Discours direct | Discours indirect |
|---|---|
Il a dit : « Je viens. » /il a di ʒə vjɛ̃/ | Il a dit qu'il venait. /il a di kil və.nɛ/ |
Elle a dit : « Mon livre. » /ɛl a di mɔ̃ livʁ/ | Elle a dit que c'était son livre. /ɛl a di kə se.tɛ sɔ̃ livʁ/ |
Un exemple complet
| Prononciation | ||
|---|---|---|
| discours direct | Il a dit : « Je suis fatigué, je partirai demain. » | /il a di ʒə sɥi fa.ti.ɡe ʒə paʁ.ti.ʁe də.mɛ̃/ |
| discours indirect | Il a dit qu'il était fatigué et qu'il partirait le lendemain. | /il a di kil e.tɛ fa.ti.ɡe e kil paʁ.ti.ʁɛ lə lɑ̃d.mɛ̃/ |
Trois changements dans une seule phrase : le pronom (je → il), les temps (suis → était, partirai → partirait) et l'indicateur de temps (demain → le lendemain).
Exemples
| Français | Prononciation | Sens |
|---|---|---|
Il a dit qu'il était malade. | /i.l‿a di ki.l‿e.tɛ ma.lad/ | présent → imparfait |
Il a dit qu'il viendrait. | /i.l‿a di kil vjɛ̃.dʁɛ/ | futur → conditionnel présent |
Il a dit qu'il était venu. | /i.l‿a di ki.l‿e.tɛ və.ny/ | passé composé → plus-que-parfait |
Il a dit qu'il partait le lendemain. | /i.l‿a di kil paʁ.tɛ lə lɑ̃d.mɛ̃/ | le temps et l'adverbe changent |
Je pensais qu'il était venu. | /ʒə pɑ̃.sɛ ki.l‿e.tɛ və.ny/ | sa venue était déjà passée |
Je ne savais pas où il était. | /ʒə nə sa.vɛ pa u i.l‿e.tɛ/ | question indirecte au passé |
Je voulais qu'il vienne. | /ʒə vu.lɛ kil vjɛn/ | le subjonctif ne recule pas |
Il a dit que la Terre est ronde. | /i.l‿a di kə la tɛ.ʁ‿ɛ ʁɔ̃d/ | une vérité permanente reste au présent |
Erreurs fréquentes
| ❌ | ✅ | Pourquoi |
|---|---|---|
Il a dit qu'il est malade. | … qu'il était malade. | Le verbe principal est au passé |
Il a dit qu'il viendra. | … qu'il viendrait. | Futur → conditionnel |
Il a dit qu'il partait demain. | … le lendemain. | L'indicateur de temps change aussi |
Je voulais qu'il vînt. | … qu'il vienne. | Le subjonctif ne recule pas |
Il a dit que s'il pourrait… | … s'il pouvait… | Pas de conditionnel après si |
Pourquoi les temps reculent
parce que le point de repère s'est déplacé
Le temps d'un verbe se mesure par rapport à un point de repère — en général, « maintenant ».
Mais quand on dit « il a dit que… », le point de repère se déplace vers le moment où il a parlé.
| À ce moment-là, il a dit : « Je suis malade » | présent, par rapport à ce moment-là |
| Nous le rapportons maintenant | ce « présent » est passé par rapport à notre maintenant |
est devient donc était — non parce que les faits ont changé, mais parce que le point de repère a changé.
Et cela explique pourquoi une vérité permanente ne bouge pas : « la Terre est ronde » est vrai par rapport à n'importe quel point de repère, il n'y a donc rien à déplacer.
Beaucoup de langues fonctionnent sur le même principe, mais toutes ne l'appliquent pas avec la même rigueur.
La différence se joue sur le registre. À l'oral familier, on entend parfois « il a dit qu'il est fatigué ». À l'écrit soutenu, la concordance est attendue, et un examen la sanctionne.
Le réflexe à prendre : chaque fois que vous écrivez il a dit que, regardez le verbe suivant et faites-le reculer d'un temps. S'il est déjà au plus loin, n'y touchez pas.