au · aux · du · des

quatre combinaisons qui n'existent pas en françaisA1

En une ligne

Quand à ou de rencontre le ou les, ils se soudent en un seul mot. Avec la et l', jamais.

Le tableau

+ le+ la+ l'+ les
à /a/au /o/à la /a la/à l' /a ɛl/aux /o/
de /də/du /dy/de la /də la/de l' /də ɛl/des /de/

Seules la première et la dernière colonne se contractent.

Et les quatre formes à considérer comme interdites

N'écrivez jamaisÉcrivez
à le /a lə/au /o/
à les /a le/aux /o/
de le /də lə/du /dy/
de les /də le/des /de/

Le masculin et le pluriel se contractent. Le féminin, non.

au n'est pas un mot — ce sont deux décisions séparées, collées ensemble

C'est la phrase la plus importante de la page. Quand vous écrivez Je vais au parc, vous avez en réalité pris trois décisions distinctes :

ÉtapeDécisionD'où elle vientRésultatPrononciation
1Quelle préposition ?du verbe ou du sensà/a/
2Quel article ?du genre du nomle parc/paʁk/
3La contractionautomatique et obligatoireau parc/o paʁk/

Seule l'étape 3 est la règle de cette page — et c'est la seule qui ne demande aucune réflexion. La vraie difficulté est dans les étapes 1 et 2.

Si vous vous êtes trompé quelque part, c'est presque toujours à l'étape 1 ou 2, pas dans la contraction.

Étape 1 — d'où vient ce à

Il a deux sources, et vous devez savoir laquelle est en jeu.

Mais d'abord : voyez-vous seulement qu'il y a une place à remplir ?

La pire erreur n'est pas de choisir la mauvaise préposition — c'est de n'en mettre aucune.

En français, les verbes de mouvement et de lieu ne prennent jamais un nom de lieu tout seul. Il y a toujours une préposition entre les deux.

aller est intransitif ; il n'a pas de place pour un COD. Le lieu n'est pas « ce qu'on va », c'est « là où l'on va », et le français le marque toujours :

❌ jamais✅Ce qui manquait
aller le festivalaller au festivalà
aller la garealler à la gareà
venir le Canadavenir du Canadade
sortir la maisonsortir de la maisonde

Pourquoi cette place vide vous échappe

Deux raisons, et aucune n'est de l'inattention.

Première raison — beaucoup de langues l'omettent. Dans beaucoup de langues, on peut dire mot à mot « je vais maison » ou « allons intérieur ». Le français ne le permet jamais :

Mot à motFrançais
vais /vɛ/ + maison /mɛ.zɔ̃/ ❌Je vais à la maison. /ʒə vɛ.z‿a la mɛ.zɔ̃/
vais /vɛ/ + centre-ville /sɑ̃tʁ.vil/ ❌Je vais au centre-ville. /ʒə vɛ.z‿o sɑ̃tʁ.vil/
allons /a.lɔ̃/ + intérieur /ɛ̃.te.ʁjœʁ/ ❌Allons à l'intérieur. /a.lɔ̃.z‿a lɛ̃.te.ʁjœʁ/

Et si votre langue l'omet partout, ce piège revient à chaque phrase, pas seulement dans quelques expressions.

Deuxième raison — au cache ce à. La bonne réponse est au festival, et on n'y voit ni à ni le. Même en regardant la forme correcte, la préposition oubliée reste invisible.

Règle de sécurité : tant que vous n'avez pas écrit une préposition après aller · venir · arriver · partir · sortir · rentrer, la phrase n'est pas finie.

Et attention à l'erreur à deux étages

je veux aller la festival contient deux fautes, pas une — et comme elles se superposent, on les repère mal :

ÉtageCe qui ne va pasCorrectPrononciation
Structureil n'y avait aucune prépositionà/a/
Vocabulairefestival est masculinle, pas la/lə/ · /la/

Puis l'étape 3 soude les deux : à + le ← au festival.

Une astuce de genre qui règle ce cas : les noms en -al sont presque toujours masculins — le festival · le journal · le cheval · le total · l'hôpital. (Le pluriel de festival est l'exception : les festivals, et non festivaux.)

a) C'est le verbe qui l'exige

En français, la préposition fait partie du verbe lui-même. Personne ne peut la déduire du sens : on apprend le verbe et sa préposition comme un bloc. Apprenez-les avec le verbe, pas avec le sens :

VerbeCe qu'il demandeExempleContraction
aller /a.le/à /a/aller à + le parcaller au parc /a.le o paʁk/
penser /pɑ̃.se/à /a/penser à + le filmpenser au film /pɑ̃.se o film/
jouer /ʒwe/à /a/ pour les jeuxjouer à + le footjouer au foot /ʒwe o fut/
téléphoner /te.le.fo.ne/à /a/téléphoner à + le médecintéléphoner au médecin /te.le.fo.ne o me.də.sɛ̃/
répondre /ʁe.pɔ̃dʁ/à /a/répondre à + les questionsrépondre aux questions /ʁe.pɔ̃dʁ o kɛs.tjɔ̃/
parler /paʁ.le/de /də/ pour le sujetparler de + le livreparler du livre /paʁ.le dy livʁ/
venir /və.niʁ/de /də/venir de + le Canadavenir du Canada /və.niʁ dy ka.na.da/
avoir besoin /a.vwaʁ bə.zwɛ̃/de /də/avoir besoin de + le styloavoir besoin du stylo /a.vwaʁ bə.zwɛ̃ dy sti.lo/
regarder /ʁə.ɡaʁ.de/rienregarder le film /ʁə.ɡaʁ.de lə film/pas de contraction
attendre /a.tɑ̃dʁ/rienattendre le bus /a.tɑ̃dʁ lə bys/pas de contraction

Le piège inverse. Beaucoup de langues mettent une préposition après certains verbes là où le français n'en met aucune. En français, ces cinq verbes se construisent directement — regarder le film, attendre le bus, écouter la musique, payer le billet, demander l'addition — il n'y a donc rien à contracter. Ne traduisez pas la préposition de votre langue. La liste complète des verbes est dans verbe-prepositions.

b) C'est le sens qui l'exige

Quand aucun verbe n'intervient, c'est le sens lui-même qui choisit la préposition :

SensPrépositionExempleContraction
la destination ou le lieuà /a/à + le bureauau bureau /o by.ʁo/
l'originede /də/de + le bureaudu bureau /dy by.ʁo/
la possessionde /də/la voiture de + le voisinla voiture du voisin /la vwa.tyʁ dy vwa.zɛ̃/
l'heureà /a/à + midipas de contraction

En bref : à indique où l'on va ou où l'on est, de indique d'où l'on vient ou à qui c'est. Le détail est dans a-ou-de.

Étape 2 — et d'où vient ce le

Du genre du nom, et cela n'a rien à voir avec le verbe :

NomGenreAvec àContracté ?
parc /paʁk/masculinau parc /o paʁk/✅
maison /mɛ.zɔ̃/fémininà la maison /a la mɛ.zɔ̃/❌
école /e.kɔl/féminin, commence par une voyelleà l'école /a le.kɔl/❌
hôtel /o.tɛl/masculin, commence par une voyelleà l'hôtel /a lo.tɛl/❌
parcs /paʁk/plurielaux parcs /o paʁk/✅

Regardez bien hôtel : il est masculin, mais comme il commence par une voyelle, il prend l', et l' ne se contracte jamais. Être masculin ne suffit donc pas — il faut un le complet.

Et c'est pourquoi au cache le genre

Dans au parc, le le est invisible, mais il est bien là. C'est utile à la lecture — on peut appliquer la règle à l'envers :

Vous voyezLe nom estParce que dedans il y a
au /o/masculin singulierà /a/ + le /lə/
aux /o/plurielà /a/ + les /le/
à la /a la/féminin singulierpas de contraction
à l' /a ɛl/singulier, commence par une voyelle — le genre ne se voit paspas de contraction

au vous dit donc que le nom est masculin. Si vous voyez au quelque part alors que vous pensiez le nom féminin, l'un des deux est faux.

La source cachée de du — les prépositions composées

Toute préposition qui se termine par de subit la même contraction. Personne ne vous les enseigne, et c'est là que viennent la plupart des erreurs :

Préposition composéeSens+ leRésultat
à côté de /a ko.te də/tout près, sur le côtéà côté de + le parcà côté du parc /a ko.te dy paʁk/
près de /pʁɛ də/à faible distanceprès de + le métroprès du métro /pʁɛ dy me.tʁo/
en face de /ɑ̃ fas də/de l'autre côté, face àen face de + le magasinen face du magasin /ɑ̃ fas dy ma.ɡa.zɛ̃/
loin de /lwɛ̃ də/à grande distanceloin de + les gensloin des gens /lwɛ̃ de ʒɑ̃/
à cause de /a koz də/introduit la causeà cause de + le bruità cause du bruit /a koz dy bʁɥi/
autour de /o.tuʁ də/tout autourautour de + la tableautour de la table /o.tuʁ də la tabl/ — pas de contraction
au lieu de /o ljø də/à la place deau lieu de + le caféau lieu du café /o ljø dy ka.fe/

Et une avec à : jusqu'à (jusqu'à une limite) → jusqu'à + le bout → jusqu'au bout.

Exceptions

Il n'y en a aucune. C'est l'une des très rares règles du français qui marche à cent pour cent.

Une seule chose ressemble à une exception, et n'en est pas une : quand il n'y a pas d'article après de, il n'y a rien à contracter, et de s'élide simplement devant une voyelle :

remplir le verre d'eau /ʁɑ̃.pliʁ lə vɛʁ do/pas d'article ici — seulement un de /də/ élidé
boire de l'eau /bwaʁ də lo/il y a un article ici — de /də/ + l' /l/

Exemples

FrançaisPrononciationSens
Je vais au parc./ʒə vɛ o paʁk/à + le parc
Je veux aller au festival./ʒə vø a.le o fɛs.ti.val/le festival est ma destination
Je rentre du festival./ʒə ʁɑ̃tʁ dy fɛs.ti.val/je reviens, le festival est l'origine
Je vais à la gare./ʒə vɛ.z‿a la ɡaʁ/féminin, pas de contraction
J'habite au Canada./ʒa.bit o ka.na.da/un pays masculin
Nous obéissons aux règles./nu.zo.be.i.sɔ̃ o ʁɛɡl/à + les règles
J'obéis à la loi./ʒo.be.iz a la lwa/loi est féminin
Je réussis à l'examen./ʒə ʁe.y.si a lɛɡ.za.mɛ̃/l' ne se contracte jamais
Je fais du sport./ʒə fɛ dy spɔʁ/je pratique une activité physique
Je fais de la natation./ʒə fɛ də la na.ta.sjɔ̃/je nage — nom féminin
J'ai des livres./ʒe de livʁ/plusieurs livres
Je veux aller au parc./ʒə vø a.le o paʁk/le parc est ma destination
Je pense au film./ʒə pɑ̃s o film/le film occupe mes pensées
Je joue au foot./ʒə ʒu o fut/jouer à pour un jeu
Je téléphone au médecin./ʒə te.le.fɔn o me.də.sɛ̃/j'appelle le médecin
Je réponds aux questions./ʒə ʁe.pɔ̃ o kɛs.tjɔ̃/répondre à + les questions
C'est à côté du parc./sɛ.t‿a ko.te dy paʁk/tout près du parc
Je marche jusqu'au bout./ʒə maʁʃ ʒys.ko bu/je ne m'arrête pas avant la fin
Il habite en face de la gare./i.la.bit ɑ̃ fas də la ɡaʁ/la gare est juste devant chez lui

Erreurs fréquentes

❌✅Pourquoi
Je veux aller le festival.Je veux aller au festival.aller n'a pas de COD — la préposition manque
Je veux aller la festival.Je veux aller au festival.pas de préposition, et festival est masculin
Je vais la gare.Je vais à la gare.un nom de lieu seul après un verbe de mouvement est impossible
Je vais à le parc.Je vais au parc.à le n'existe pas
Je fais de le sport.Je fais du sport.de le n'existe pas
Il obéit à les règles.Il obéit aux règles.à les n'existe pas
Je fais du natation.Je fais de la natation.natation est féminin — pas de contraction
Je vais au la maison.Je vais à la maison.au contient déjà le à
à côté de le parcà côté du parcLa préposition composée finit aussi par de — elle se contracte
jusqu'à le boutjusqu'au boutMême chose, cette fois avec à
Je regarde au film.Je regarde le film.regarder se construit sans préposition
Je vais au l'hôtel.Je vais à l'hôtel.Masculin, mais il a pris l' — et l' ne se contracte jamais

Et pourquoi ils se sont soudés

En une phrase : il y a mille ans, à le se prononçait al, et en ancien français tout l placé devant une consonne se transformait en son u. al est donc devenu au.

C'est le même phénomène qui a transformé cheval en chevaux et bel en beau. au n'est donc pas une règle de grammaire — c'est un mot usé dont l'orthographe s'est figée.

Et pourquoi la a-t-il survécu ? Parce que le e de le était faible et est tombé, laissant ce l seul devant une consonne, où il s'est transformé. Le a de la était fort et n'est pas tombé, donc son l ne s'est jamais trouvé dans cette position.

un seul changement de son, il y a mille ans

En ancien français, le l devenait u chaque fois qu'il se trouvait devant une consonne :

AutrefoisAujourd'hui
chevals /ʃə.val/chevaux /ʃə.vo/
journals /ʒuʁ.nal/journaux /ʒuʁ.no/
bel /bɛl/beau /bo/
à le /a lə/ ← al /al/au /o/
à les /a le/ ← als /al/aux /o/

La règle qui a fait de cheval chevaux a fait de à le au. Et le x de aux est le même x que dans chevaux — au Moyen Âge, c'était une abréviation de copiste pour us.

Et pourquoi la ne s'est pas soudé :

Composé deCe qui est arrivé à ce l
le /lə/l /ɛl/ + un e /ə/ faiblele e /ə/ est tombé → l /ɛl/ s'est retrouvé devant une consonne → il est devenu u /y/
la /la/l /ɛl/ + un a /a/ fortle a /a/ n'est pas tombé → l /ɛl/ ne s'est jamais retrouvé devant une consonne → il a survécu

l' ne risque rien non plus — l'apostrophe signifie que sa voyelle est déjà partie et qu'il est collé directement à une voyelle, pas à une consonne.

`du` mène deux vies — et vous n'avez pas besoin de les distinguer
ExempleSensPrononciation
de + leJe fais du sport.je pratique une activité physique/ʒə fɛ dy spɔʁ/
« une partie de »Je mange du pain.je mange une certaine quantité de pain/ʒə mɑ̃ʒ dy pɛ̃/

Les deux s'écrivent du. La différence n'existe que dans l'analyse, jamais à l'écrit.

Même chose pour des : c'est soit de + les, soit l'indéfini pluriel (des livres = plusieurs livres).

La vérification en trois secondes

0. Faut-il une préposition ? ← après un verbe de mouvement ou de lieu (aller · venir · partir · sortir · rentrer), toujours oui. C'est l'étape que les apprenants sautent. 1. Quelle préposition ? ← le verbe décide (aller à · parler de · regarder sans rien), ou bien le sens (à = vers, de = depuis). Et n'oubliez pas que les prépositions composées finissent aussi par de. 2. Quel article ? ← d'après le genre du nom : le · la · l' · les 3. Contractez ← si vous obtenez le ou les, soudez-les ; si c'est la ou l', n'y touchez pas

Et n'oubliez pas : cette contraction n'est pas facultative. Ce n'est pas une abréviation qu'on choisit d'employer ou non : à le n'est tout simplement pas une forme possible — ni à l'écrit soigné, ni à l'oral, ni en poésie.

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