En une ligne
sonpeut renvoyer à un homme comme à une femme — parce qu'il s'accorde avec l'objet possédé, pas avec le possesseur.
Les formes de cette page
| Forme | Sens | Prononciation |
|---|---|---|
mon | à moi — devant un nom masculin | /mɔ̃/ |
ma | à moi — devant un nom féminin | /ma/ |
mes | à moi — devant un pluriel. On dit /me/, le s ne se prononce pas | /me/ |
Le tableau
| Possesseur | + masculin | + féminin | + pluriel |
|---|---|---|---|
| je | mon /mɔ̃/ | ma /ma/ | mes /me/ |
| tu | ton /tɔ̃/ | ta /ta/ | tes /te/ |
| il · elle | son /sɔ̃/ | sa /sa/ | ses /se/ |
| nous | notre /notʁ/ | notre /notʁ/ | nos /no/ |
| vous | votre /votʁ/ | votre /votʁ/ | vos /vo/ |
| ils · elles | leur /lœʁ/ | leur /lœʁ/ | leurs /lœʁ/ |
Les trois dernières lignes n'ont pas de genre —
notre,votre,leursont identiques au masculin et au féminin, et ne changent qu'au pluriel.
La règle qui surprend : on regarde l'objet, pas le possesseur
Beaucoup de langues choisissent le possessif selon le possesseur — un mot pour un homme, un autre pour une femme. Le possessif français, lui, regarde l'objet possédé :
son livre /sɔ̃ livʁ/ | le livre d'un homme ou d'une femme — parce que livre /livʁ/ est masculin |
sa voiture /sa vwa.tyʁ/ | la voiture d'un homme ou d'une femme — parce que voiture /vwa.tyʁ/ est féminin |
sa mèrepeut donc être la mère d'un homme ou celle d'une femme, et la phrase seule ne permet pas de le savoir. Si c'est vraiment important, le français le précise :sa mère à lui.
C'est l'erreur la plus fréquente des apprenants, et la plus tenace, parce que le réflexe se déclenche avant même d'arriver au nom. La solution : changer l'ordre dans lequel vous décidez. Ne vous demandez pas « le possesseur est-il un homme ou une femme ? » — cette question ne joue aucun rôle. Demandez-vous «
livreest-il masculin ? » et répondez à celle-là.
Exception — ma devient mon devant une voyelle
Si un nom féminin commence par une voyelle ou un h muet, on emploie la forme masculine :
| ❌ | ✅ |
|---|---|
ma amie | mon amie |
ta école | ton école |
sa histoire | son histoire |
Ce n'est pas un changement de genre, seulement de son.
amiereste féminin :mon amie est gentille.
Même chose pour ta → ton et sa → son.
leur — et le s qui ne vient qu'avec un nom
| Prononciation | ||
|---|---|---|
leur livre | le livre qui est à eux — un seul livre | /lœʁ livʁ/ |
leurs livres | les livres qui sont à eux — plusieurs | /lœʁ livʁ/ |
Je leur parle. | le pronom — ne prend jamais de s | /ʒə lœʁ paʁl/ |
Ce pronom est traité dans pronoms-coi.
notre/votre ou nos/vos
Ils n'ont pas de genre, seulement un nombre :
| Singulier | Pluriel | |
|---|---|---|
| nous | notre maison /notʁ mɛ.zɔ̃/ notre livre /notʁ livʁ/ | nos maisons /no mɛ.zɔ̃/ |
| vous | votre maison /votʁ mɛ.zɔ̃/ votre livre /votʁ livʁ/ | vos maisons /vo mɛ.zɔ̃/ |
Quand on n'emploie pas de possessif — les parties du corps
Avec les parties du corps, le français emploie l'article, pas le possessif :
| ❌ | ✅ |
|---|---|
Je lave mes mains. | Je me lave les mains. |
Il a mal à sa tête. | Il a mal à la tête. |
Elle ouvre ses yeux. | Elle ouvre les yeux. |
L'appartenance vient du verbe pronominal ou du contexte. Beaucoup de langues disent « mes mains » dans ce cas, c'est donc une des erreurs les plus fréquentes.
Exception : si la partie du corps porte un adjectif, le possessif revient : ses longs cheveux.
Deux autres façons de dire à qui appartient quelque chose
| Structure | Exemple |
|---|---|
de /də/ + nom | le livre de Marie /lə livʁ də ma.ʁi/ |
à /a/ + pronom, après être /ɛtʁ/ | Ce livre est à moi. /sə livʁ ɛ.t‿a mwa/ |
Le détail est dans a-ou-de.
Exemples
| Français | Prononciation | Sens |
|---|---|---|
Mon livre. | /mɔ̃ livʁ/ | le livre qui est à moi |
Ma maison. | /ma mɛ.zɔ̃/ | un nom féminin |
Mon amie. | /mɔ̃.n‿a.mi/ | féminin, mais mon devant la voyelle |
Mes livres. | /me livʁ/ | plusieurs livres à moi |
Sa voiture. | /sa vwa.tyʁ/ | la voiture d'un homme ou d'une femme |
Notre maison. | /nɔtʁ mɛ.zɔ̃/ | la maison qui est à nous |
Vos livres. | /vo livʁ/ | les livres qui sont à vous |
Leur maison. | /lœʁ mɛ.zɔ̃/ | la maison qui est à eux |
Je me lave les mains. | /ʒə mə lav le mɛ̃/ | l'article, pas le possessif |
J'ai mal à la tête. | /ʒe mal a la tɛt/ | ma tête me fait souffrir |
Erreurs fréquentes
| ❌ | ✅ | Pourquoi |
|---|---|---|
ma amie | mon amie | La forme masculine devant une voyelle |
son pour un homme, sa pour une femme | accorder avec le nom | Le possesseur ne joue aucun rôle |
leurs maison | leur maison | Il n'y a qu'une maison |
Je lave mes mains. | Je me lave les mains. | Les parties du corps prennent l'article |
notre livres | nos livres | Le pluriel est nos |
mon ma livre | mon livre | Un seul suffit |
Pourquoi le français ne regarde pas le possesseur
un héritage direct du latin
En latin, le possessif s'accordait avec le nom qu'il accompagnait, comme n'importe quel adjectif :
| Latin | Sens | Prononciation |
|---|---|---|
liber suus | son livre à lui ou à elle — masculin | /li.be sy.y/ |
casa sua | sa maison à lui ou à elle — féminin | /ka.za sy.a/ |
Le français a gardé ce système intact. son et sa viennent directement de suus et sua.
D'autres langues ont pris un autre chemin et ont déplacé l'accord du nom vers le possesseur. Ce n'est pas le cas des langues romanes : l'espagnol et l'italien font comme le français.
En pratique : quand vous voulez parler du livre d'une personne, ne pensez pas du tout au genre de cette personne. Demandez-vous seulement : livre est-il masculin ou féminin ? Masculin → son.