Hondelatte raconte : L'année 1975 [4/5]

Hondelatte raconte : L'année 1975 [4/5]

Hondelatte Raconte

B1July 30, 202641 min
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Grands évènements, sorties musicales, histoires de stars, cinéma et actualité. Christophe Hondelatte passe au crible en 5 épisodes une année de l'histoire, enrichie grâce aux archives d'Europe 1. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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Europe 1 Vous aimez l'année 1975 ? Eh bien moi aussi, alors on ne va pas se priver. Au programme aujourd'hui, la toute première année de la femme,

la légalisation de l'avortement et du divorce par consentement mutuel, La naissance d'Effert 3, d'Antenne 2 et de Téléphone. Et la disparition de Joséphine Baker. 1975, on de la traconte sur Europe 1.

Le 11 juillet 1975, une loi qui autorise le divorce par consentement mutuel est promulguée. Violette Cornic est avocate au Barreau de Paris sans réjouir. Je pense que c'est une excellente loi. Elle n'est bien sûr pas aussi... Elle n'a pas été aussi loin que les avocats auraient pu le souhaiter, mais néanmoins, elle suit l'évolution des mœurs.

Vous savez, les divorces par consentement mutuel, il y a très longtemps que nous en faisons. Simplement, il fallait jouer la comédie, vous la connaissez, c'était les fausses lettres, c'était les sommations qu'on délivrait à quelqu'un qui était parfaitement d'accord pour la recevoir, c'était on demandait des lettres à ses propres amis contre soi. Donc, sur ce point-là, du moins, je pense qu'il n'y aura pas beaucoup de changements.

Simplement, les gens comprendront mieux que lorsqu'ils sont d'accord pour divorcer. Il suffit qu'ils soient d'accord entre eux et ils présentent une convention au juge. Mais est-ce que pour vous ce texte de loi est suffisant ? Suffisant ? Pour l'instant, ça va dépendre du projet de loi qui va se discuter sur le recouvrement des pensions alimentaires.

Car il y a également une innovation, je ne sais pas si vous l'avez vu, c'est qu'une femme divorcée à ses torts réciproques, ou même éventuellement aux torts exclusifs, pourra avoir une pension. Ça c'est très très nouveau. Parce qu'il faut dire qu'au début de l'année 75, seuls 40% des pensions consenties après un divorce sont régulièrement payées. Le divorce, plus facile et moins long, c'est bien. Mais encore faut-il que les décisions prises par le juge soient appliquées.

Est-ce qu'il paye régulièrement la pension ? Depuis une année, oui. Mais le montant qu'il a fixé lui-même. Le tiers de ce que le tribunal l'avait obligé à payer. On le sait, 60% des divorcés condamnés à payer une pension alimentaire à leur ancien conjoint

ne paient pas cette pension, laissant celui-ci, le plus souvent l'épouse, dans une situation difficile, surtout lorsqu'il y a des enfants. Désormais, le trésor public est habilité à récupérer le montant des pensions. Selon la secrétaire d'État à la condition féminine, Françoise Giroux,

cela devrait inciter les mauvais payeurs à passer à la caisse. Elles seront payées à partir d'un système simple et gratuit. Oui, je pense qu'il sera efficace, nous avons tout lieu de penser qu'il sera efficace, il faut qu'il se rôde un petit peu, comme toute chose tout à fait novatrice, il faut qu'il soit mis en place. Mais lorsqu'il sera mis en place, ce sera désormais le percepteur qui se chargera de recouvrir la pension alimentaire non payée.

Mieux, l'important n'est pas tellement que le percepteur persécute ceux qui ne payaient pas. Il faut que ceux qui ne payaient pas comprennent qu'ils auront intérêt à payer, parce qu'ils seront retrouvés et parce qu'ils seront largement pénalisés. Donc, selon toute probabilité, l'immense majorité des pensions alimentaires

qui jusqu'à présent étaient irrégulièrement payées ou non payées, seront désormais payées à celles qui doivent les recevoir. En cette année 1975, une autre loi vient d'être promulguée. La loi veille qu'il légalise l'IVG sous certaines conditions.

A partir d'aujourd'hui, les Françaises peuvent se faire avorter librement, en tout cas dans les dix premières semaines de leur grossesse. La loi, votée le 28 novembre à l'Assemblée nationale et trois semaines après au Sénat, et qui vient de faire l'objet d'un examen du Conseil constitutionnel, a été publiée ce matin au journal officiel. A partir de maintenant, donc, avant dix semaines de sa grossesse,

Toute femme qui s'estime en situation de détresse peut demander à son médecin l'interruption de cette grossesse. Son médecin lui remettra un dossier indiquant les aides dont elle peut bénéficier si elle veut garder son enfant. Après une semaine de réflexion, elle peut confirmer sa demande. Elle devra alors le faire par écrit.

L'interruption sera faite uniquement par un médecin et en milieu hospitalier. Malgré la promulgation de la loi, le débat est toujours aussi vif, principalement du côté de l'Église catholique. Le cardinal archevêque de Paris, Marty, ne mâche pas ses mots. Pour lui, l'avortement est objectivement un mal.

Même légalisé, il demeure une atteinte radicale à la vie humaine. Il parle d'une œuvre de mort. Mais Mgr Marty n'est pas le seul opposant. Dans le milieu médical, certains médecins rechignent à pratiquer l'avortement.

Dans les médias, les témoignages sont légion. La jeune fille qui témoigne ce jour-là a 18 ans et elle est enceinte de 11 semaines. Il y en avait qui étaient de bonne volonté, mais il y en a d'autres qui vous recevaient comme des chiens. D'abord, ils ouvrent la porte, quand c'était pour ça, ils vont fermer la porte au nez, et c'était pas la peine.

Quand je n'ai su, il y en a un que je n'ai su, je l'ai su à un donné moment, qui me l'aurait fait, mais j'étais enceinte de trop, j'avais trop cherché ailleurs, je l'ai su trop tard, alors je suis obligée d'aller en Angleterre, c'est la seule solution. C'est ce que j'ai essayé de leur faire comprendre, que j'étais trop jeune,

que je ne pouvais pas garder un enfant, ce n'était pas possible, surtout dans un hôtel, avec je gagne 150 000 francs par mois, qu'est-ce que vous voulez que je fasse pour élever un enfant ? Surtout dans un hôtel, qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse ?

Je ne peux pas. Il y en a même une qui m'a dit, vous savez, après vous pouvez l'abandonner. Alors j'essaie pour le faire, et puis l'abandonner après, ce n'est pas la peine. C'est souvent plus propre de se faire avorter que d'abandonner un enfant.

Alors à ce moment-là, moi je ne pourrais pas abandonner un enfant,

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