L'amour sonne toujours deux fois : Laurence et Armand

L'amour sonne toujours deux fois : Laurence et Armand

France Culture physique

B2July 31, 202628 min
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durée : 00:28:50 - Les documentaires de France Culture - par : Sonia Kronlund - Adolescente, Laurence passe ses étés sur la presqu'île de Quiberon. Elle regarde rêveusement Armand, pêcheur de vingt ans de plus qu'elle. Tous les jours, la jeune fille l'attend sans jamais oser lui parler. Dix ans plus tard, alors qu'elle est de retour sur la presqu'île, elle tombe sur Armand. - équipe : Valentin Rémy, Adèle Tocquet Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

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France Culture Les pieds sur terre, Sonia Kronlund Deux grands livres de la littérature française ont marqué, peut-être même influencé, Laurence, dont on raconte l'histoire aujourd'hui.

Le premier, c'est La dame au camélia d'Alexandre Dumas, fils, qui raconte l'histoire d'un jeune bourgeois tombant amoureux d'une courtisane, atteinte de tuberculose. Un sommet dans le mélodrame, lu par des générations d'amoureux et d'amoureuses transies et malheureux,

qui est même devenu une expression du langage courant puisqu'on dit facilement « tu fais ta dame au camélia ». Le deuxième est un best-seller de la fin du XIXe siècle. Il est signé Pierre Lottie, se passe en Bretagne comme l'histoire de Laurence et Armand, non loin de Paimpol, et raconte la passion d'une jeune bretonne, Go Mevel,

issue d'un milieu aisé pour un beau marin pêcheur nommé Jan Gauss. Or ce dernier ne répond pas tout de suite à son amour éperdu et timide. La jeune femme l'attend patiemment au retour de ses saisons de pêche en Islande. Elle attend un geste, un signe de sa part, jusqu'au jour où,

et je ne vous en dis pas plus, il faut lire Pêcheur d'Islande de Pierre Lottie, Mais avant cela, écoutez le récit de Monica Sabolo, Laurence et Armand, cinquième épisode de sa série « L'amour sonne toujours deux fois ». Adolescente, je passais mes étés à tomber amoureuse de garçons inaccessibles et bien trop vieux pour moi.

C'étaient les beaux gosses du littoral, superbes et indifférents. Le moniteur de voile, le prof de surf ou de plongée. Je les regardais de loin, planqués derrière mes lunettes de soleil, en attendant de grandir pour oser leur adresser la parole. On était dans le village de Portivy, qui est sur la presqu'île de Quiberon, qui est un petit village de pêcheurs,

enfin qui était, parce que les choses changent aussi, mais qui était à l'époque un petit village où il restait des pêcheurs, qui avaient leurs petits bateaux, qui sortaient en mer à la journée. De son côté, lorsqu'elle avait 14 ans, Laurence rêvait secrètement d'Armand,

un pêcheur de 32 ans de la presqu'île de Quiberon où elle passait toutes ses vacances. Mon premier souvenir d'Armand, c'est le bateau qui arrive en fin de journée, qui arrive dans le port,

avec les mouettes, c'est presque cliché, mais avec les mouettes qui le suivent, qui rentrent dans le port, et le bateau qui vient et qui met à quai le temps de décharger sa pêche.

Un beau monsieur avec des grands et beaux cheveux blonds et bouclés et des grands yeux bleus de marin. Ça, si des yeux de marin, tout le monde sait ce que c'est que des yeux de marin. On connaît tous les marins célèbres, ils ont tous des yeux de marin. Un bleu très clair avec ce petit truc comme ça, un peu irisé comme ça.

J'allais au bout du quai pour être le plus près possible de lui et le voir vraiment le plus près possible. Et oui, je me souviens que je le trouvais très beau et que j'avais envie d'échanger avec lui, quoi, je ne sais pas, mais j'avais envie de créer un lien, un contact avec lui. Les parents de Laurence louent chaque été une maison à Portivy, à quelques pas du port. L'adolescente traîne

toute la journée avec sa sœur, de quatre ans de moins qu'elle. En Bermuda, elles arpentent la côte sauvage en espionnant Armand qui pose ses casiers à crustacés le long du rivage. Elles se racontent des histoires, rêvent, rigolent, ramassent des crabes et des bigorneaux. En fin de journée, elles se plantent sur le quai et attendent, des heures durant,

le retour du beau pêcheur. Ça c'était vraiment un problème parce qu'en fait, ils rentraient jamais à la même heure donc il fallait que je passe un nombre d'heures infinies ça dépendait des marées j'ai appris plein de choses sur la mer et la pêche forcément donc j'ai appris les marées forcément j'ai appris la météo j'ai appris les vents je ne savais jamais

vraiment quand j'allais le voir c'était toujours l'apparition il y avait quelque chose de l'apparition parce que il est juste je scrutais comme ça du bout du quai ce que je voyais le bateau et puis Et puis un coup, il était là. Voilà, un coup, il n'était pas là, un coup, il était là.

C'était toujours la surprise. Ça soulageait d'ailleurs beaucoup ma sœur quand enfin il arrivait, parce que c'était le signal qu'on allait pouvoir bientôt rentrer aussi. Il était très charismatique, il était très exotique pour moi,

qui vivait de l'autre côté de la France à l'époque, en Bourgogne. et surtout il avait l'air très gentil et je crois que ça pour moi c'était une valeur très importante

je le voyais parce qu'il parlait avec tout le monde sur le quai bien sûr quand il arrivait avec sa pêche et il dégageait

une profonde gentillesse c'était pas que les étés ça pouvait être aussi en février et à Pâques il faisait beaucoup plus froid

mais oui, j'attendais J'attendais. Alors, bien sûr, la question est, qu'est-ce que tu attendais ? Je ne sais pas.

Je l'attendais, de manière générale. Mais qu'est-ce que j'attendais ? Je ne sais pas. Pendant plusieurs années, Laurence espionne Armand sans jamais lui parler. Elle se promène sur la plage en écoutant son Walkman,

Still Loving You de Scorpion, ou George Michael en boucle. Elle préfère se promener seule ou avec sa sœur plutôt que de fréquenter des jeunes gens de son âge. Cela l'arrange de pouvoir rêver sa vie sans avoir à la vivre.

C'est beaucoup plus romanesque, beaucoup moins dangereux aussi. J'étais une jeune fille rêveuse. J'avais deux grandes passions dans la vie. C'était voir des films et lire des livres.

Je ne rêvais qu'à l'amour sous toutes ses formes. Mais bien sûr, je ne rêvais qu'à l'amour à 14 ans. Bref, qu'à l'amour à 14 ans, je crois quand même. Et si possible, un amour un petit peu impossible,

un petit peu exceptionnel un petit peu unique quoi, donc oui bien sûr je rêvais à l'amour, je lisais

Les Vaisseaux du Coeur, je me rappelle de Benoît de Kroult et je voyais beaucoup beaucoup de films mais les films que j'avais dans le coeur

quand j'allais me balader, c'était des films qui étaient souvent des grandes et belles histoires d'amour ça c'est sûr en fait très vite

ce personnage qui était comme ça solitaire

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